Après s'être vanté des 500 milliards d'aides de l'Etat en faveur des français pendant le confinement Emmanuel Macron a évoqué le moyen de parvenir à rembourser ses aides.
Oui car pour rappel ces aides ne sont absolument pas des subventions ou des dons. Ce sont soit des prêts à rembourser aux banques soit des déficits publics et sociaux qu'il faut combler.
Et le Chef de l'Etat a décliné la méthode pour parvenir à ce remboursement à savoir : travailler plus et produire plus. Comme l'a martelé Bruno Le Maire il s'agit de produire davantage, de passer par un véritable pacte productif pour produire encore et toujours plus de produits et de services.
Mais ce que ne dit pas Emmanuel Macron, ni Bruno Le Maire, c'est produire plus mais pour vendre à qui ? Car à aucun moment Emmanuel Macron à dit que les français allez devoir consommer plus.
A l'opposé de l'Allemagne qui compte sur la consommation intérieure en baissant la TVA, la France elle compte sur des exportations pour rembourser des dettes. Mais comment augmenter ses exportations dans une économie mondiale en récession ?
Même avec un plan de relance européen l'obligation de produire plus et donc de vendre plus oblige l'économie à être plus compétitive que les autres. Il faut produire à moindre coût pour être moins chers et emporter ainsi les marchés.
Mais comme dans le même temps on ne veut plus dépendre de l'extérieur pour les produits intermédiaires (pièces détachées notamment) et passer d'un simple « montée en France » à un véritable « fabriquée et montée en France » on a une obligation de baisser le coût du travail, donc la masse salariale, pour être compétitif. Donc baisser les rémunérations ou licencier pour être plus productif et parvenir à vendre à l'exportation.
On comprend mieux ainsi le motif pour lequel il n'est pas possible de compter sur la consommation intérieure pour rembourser les aides. Celle-ci va en effet stagner voire baisser du fait de l'impératif économique de baisse des coûts pour produire plus et vendre plus.
De la même façon les considérations d'ordre sociales ou environnementales passent au second plan au nom de ce productivisme impératif. Egalité homme-femme, discrimination raciale, normes environnementales tout doit être mis en arrière, en second plan au nom d'un productivisme assumé par le gouvernement.
L'impératif est que les entreprises produisent et vendent pour rembourser leurs prêts et financer par leurs impôts (impôt sur les sociétés et TVA) les déficits publics. Mais pour se faire elles doivent éviter le recours à la mondialisation de leur production au profit d'une production totalement locale donc en devant agir sur la masse salariale pour être compétitives.
Cette logique de l'offre qui est celle appliquée par Emmanuel Macron depuis son élection peut paraître cohérente. Par une réduction de la masse salariale produire plus de biens compétitifs pour les vendre à l'exportation et ainsi rembourser les aides. Mais ceux qui vont être directement impactés par cette baisse de la masse salariale vont ils jouer le jeu ?
En effet cette stratégie économique suppose la mise en œuvre de vastes et importants plans sociaux comme c'est le cas actuellement. Tant Emmanuel Macron et Bruno Le Maire ne cessent de parler des plans sociaux qui se multiplient et qui attesta d'une hausse massive du chômage dans les mois à venir, hausse du chômage qui ne sera pas forcément bien acceptée par la population. D'où le discours d'Emmanuel Macron et de Bruno Le Maire pour limiter ces plans sociaux et ces suppressions massives d'emploi.
Le problème est qu'Emmanuel Macron a fait de cette possibilité de licenciements massifs et facilités la base, la pierre angulaire de sa politique économique par le biais des ordonnances de 2017. Toute la stratégie économique d'Emmanuel Macron depuis 2017 consiste à dire aux entreprises qu'elles peuvent recruter massivement puisqu'il leur sera possible, en cas de nécessité, de licencier facilement et massivement. Et la nécessité est présente aujourd'hui.
Aussi comment Emmanuel Macron et Bruno Le Maire peuvent ils être crédibles quand ils prônent et demandent le maintien des emplois aux entreprises alors que la possibilité de licencier massivement est la contrepartie des embauches que celle-ci ont faite depuis 2017 ?
Ce n'est pas possible. D'où l'usage massif du chômage partiel pour masquer cette nécessité et son maintien même au-delà du 01er juillet pour sauver les apparences jusqu'en septembre. Apparences car le chômage partiel contribue à alourdir la dette à rembourser donc à l'obligation de produire et de vendre plus et ce en réduisant les coûts salariaux. Maintenir le chômage partiel c'est augmenté le nombre de suppression d'emplois qu'il sera nécessaire de mettre en œuvre à partir de septembre.
Reste à déterminer qui vont être les principales victimes des suppressions massives d''emploi.
A ce jour ce sont les jeunes. En l'absence d'ancienneté ce sont eux qui sont les moins onéreux à faire partir. Mais cela n'arrange pas la nécessité de produire puisque les jeunes sont les plus rentables du fait d'une productivité accrue et d'une rémunération inférieure aux autres salariés présents depuis plusieurs années dans les entreprises. Et les jeunes sont les plus fragiles socialement, les plus à même de provoquer des troubles.
D'où les mesures qui vont être prises pour faciliter l'embauche des jeunes avec réduction de charges, aides versées à l'embauche, recours aux CDD et contrats de missions facilités, le tout bien sur au détriment des autres salariés, de tous ces quinquagénaires qui seront donc les principales victimes des suppressions d'emploi à venir.
Voilà. Voilà ce que signifie la stratégie de l'offre proposée par Emmanuel Macron pour rembourser les aides (dont il se vante tant) versées aux français pendant l'épidémie du covid 19 à savoir une véritable purge des quinquagénaires dans les entreprises pour permettre une augmentation de la production et de la compétitivité des entreprises devant permettre à terme de rembourser les aides versées.
Ce ne sont pas les jeunes que Macron veut sacrifier. Ce sont les quinquagénaires. Ce sont eux la génération sacrifiée. Du moins dans un premier temps...