Emmanuel Macron va donc signer aujourd'hui les ordonnances qui réforment le Code du Travail en profondeur. Et pour l'occasion il met en scène cette signature pour montrer à tous l'importance de ces textes et que c'est lui qui décide.
Ce faisant il a parfaitement raison de pointer ainsi cet instant car c'est aujourd'hui, et aujourd'hui seulement, que l'on entre dans le vif du sujet, dans l'ère d'Emmanuel Macron.
Jusqu'ici en effet on a continué à vivre sous l'ère des dispositions issues du quinquennat de François Hollande. On a eu des annonces certes, des prémices, mais rien de concret, rien de publié, rien qui ne viennent réellement bouleverser la vie des français qui continuent leur vie sans même prêter réellement attention à ceux qui les gouverne.
Oui mais cette période est terminée. Avec la publication des ordonnances qui sont d'application immédiate c'est dès la semaine prochaine que les changements vont commencer à se faire sentir dans la vie quotidienne dans la vie concrète des gens.
Ainsi des jeunes qui viennent de décrocher un CDI, le CDI, vont être surpris de se voir refuser des logements par des propriétaires et des prêts par leurs banques. Surpris qu'on leur demande des garanties comme la caution des parents alors qu'ils sont en CDI. Mais un CDI sans ancienneté autrement dit désormais le contrat le plus précaire qui existe, celui qui présente le moins de garantie pour un propriétaire ou une banque.
Idem pour ces cadres qui changent fréquemment d'entreprises et de régions et qui achètent leur maison en revendant la précédente avec parfois même des bénéfices. Ils vont, pour la première fois, être confrontés aux réticences de leur banquier qui va leur faire comprendre qu'ils courent un grand risque en continuant ainsi puisque désormais protection et garantie riment avec ancienneté dans l'entreprise et non pas ancienneté dans la vie active. Le cadre quadragénaire avec moins de 2 ans d'ancienneté ne pèse rien, plus rien. Il pèse beaucoup moins que ce salarié qui est là depuis 15 ans au même poste et qui, sans ambition, fait simplement son travail en attendant la retraite.
N'oublions pas tous ces salariés et employés auxquels on va expliquer qu'il faut renégocier les primes d'ancienneté et annuel au nom de la compétitivité de l'entreprise. Que pour continuer à garder leurs postes il va falloir collectivement renoncer à ces primes voir à les baisser de façon substantielles pour préserver leurs emplois bien sur pas pour augmenter les bénéfices.
Pareil pour ceux auxquels on va annoncer qu'il va falloir faire des heures supplémentaires non majorées. Travailler les dimanches et les jours fériés sans contrepartie pour permettre à l'entreprise d'assurer une grosse commande. D'apprendre ainsi qu'il n'y aura pas de Noël en famille cette année ni de vacances de neige et ce pour le bien de tous.
Alors les salariés et les cadres vont se tourner vers leurs représentants, vers les syndicats. Et ils constateront alors que ceux-ci ne sont plus que des pantins castrés et émasculés qui n'ont plus aucun courage ni force pour se battre et négocier. Des loosers comme Laurent Berger et Jean-Claude Mailly humiliés par le gouvernement en place et sans aucun pouvoir réel contre celui-ci.
Alors ils se tourneront vers leurs députés et ils constateront qu'ils ont en lieu et place des législateurs des êtres bornés et embrigadés incapables de réfléchir et d'agir par eux-mêmes. Des déracinés de la réalité qui leur expliqueront encore et toujours que ce qu'ils ont fait et vont encore faire est, malgré les apparences, pour le bien de tous et qu'ils ne reviendront pas en arrière.
Les plus braves, ceux qui sont sûrs deux, les plus fiers, n'hésiteront pas à braver ce licenciement pour bénéficier du chômage. Après tout après avoir autant cotisé normal d'en bénéficier et de profiter d'une formation pour retrouver au plus vite.
Mais c'est sans compter avec la réforme de la prise en charge des demandeurs d'emploi qui va arriver très vite. Comprendre que les ASSEDIC vont être supprimées et remplacées par une prise en charge des demandeurs d'emploi selon des règles dictées par le seul gouvernement et donc beaucoup moins que celle qui a cours actuellement c'est une autre étape qui viendra très vite surtout quand on sait que le budget du Ministère du Travail va baisser de 27 % en 2018....
Mais les plus optimistes diront que cela n'a pas d'importance puisque les salaires nets vont augmenter à partir du mois de janvier 2018. Le gouvernement l'a annoncé c'est certain. Avec la hausse de la CSG compensée par la suppression de la cotisation à l'assurance-chômage et à la sécurité sociale c'est un 13ème mois que les français vont percevoir comme l'a annoncé Gérald Darmanin. Que ça c'est du concret et mérite bien les inconvénients évoqués plus haut.
Sauf qu'au mois de février 2018 en voyant leur feuille de paie du mois de janvier les salariés vont avoir bien du mal à voir ce « 13ème mois » tant annoncé. Oui car il n'y a pas que la CSG et les cotisations chômages et de sécurité sociale comme prélèvements sur le salaire. Il y a aussi les cotisations retraites et notamment pour la retraite complémentaire. Et la cotisation pour la retraite complémentaire elle va augmenter en janvier 2018. Idem pour la prévoyance. Oui car toutes les entreprises ont aujourd'hui a minima une mutuelle d'entreprise pour leurs salariés. Et parfois plus avec de vraies prévoyances comprenant des avantages supplémentaires en cas de maladie ou d'arrêt. Et bien les cotisations pour ces mutuelles et prévoyances elles vont augmenter aussi au 01er janvier 2018. Comme l'exonération de la cotisation chômage et sécurité sociale ne sera que partielle au 01er janvier 2018 et bien le prétendu gain de salaire net, de pouvoir d'achat, il va être beaucoup plus faible que prévu voire inexistant.
Alors pour les vacances de février on se tournera vers l'épargne. On va prendre sur le PEL, l'assurance-vie ou le codevi. On remettra plus tard. Oui mais la surprise. La hausse de la CSG sur les produits d'épargne de 1,7 % va se faire sentir. On sera passé de 15,5 à 17,2 % voir 30 % pour certains produits d'épargne. Et donc on va pouvoir retirer beaucoup moins que ce que l'on a prévu.
Pas grave. On profitera de la prime de vacances ou de la prime annuelle versée par moitié en juin juste pour les vacances. Sauf qu'il aura fallu y renoncer par accord d'entreprise pour la compétitivité de l'entreprise et qu'elle ne sera plus là pour payer les vacances d'été ou renflouer le codevi ou le PEL.
Lentement mais surement comme un poison diffusant lentement le système sanguin la paupérisation et la précarisation réalisées par la politique menée par Emmanuel Macron vont se répandre dans la population. Une fois arrivée au cerveau et bien il faudra bien réduire sa consommation, renoncer à aller au restaurant ou en vacances. Attendre toujours plus pour changer de télévision ou de mobiliers et ainsi la consommation va de nouveau diminuer. Diminution de la consommation donc des commandes pour les entreprises et donc impossibilité pour elles de rétablir les primes supprimées ou d'augmenter les salaires. Mais obligation de licencier, désormais sans risque et sans motif et ce juste pour survivre.
Au contraire. Face à la concurrence de plus en plus vive entre entreprises d'un même secteur alimentées par l'ouverture à d'autres entreprises étrangères (le Canada avec l'accord CETA) il faudra faire de nouveaux sacrifices. Renégocier encore et toujours pour gagner des marchés, tuer la concurrence et ainsi survivre pour préserver les emplois.
Et il faudra faire avec. Il n'y aura pas d'échappatoire. Même la retraite qui va elle aussi être réformée ne sera plus une issue. Il faudra soit avoir faim soit travailler à côté comme chauffeur UBER ou coach auto-entrepreneur.
Comme dans ce pays où coule le lait et le miel qu'est l'Allemagne il faudra se résoudre, faute de moyens, à ne plus faire d'enfants. A voir donc la natalité du pays décroitre au point d'en être négatif et d'accueillir à bras ouverts ces migrants qui viennent prendre la place des enfants que nous n'aurons plus, que nous ne concevons plus. Ce pays où les retraités manifestent dans la rue contre leur sort et la misère dans l'indifférence générale.
Oui c'est aujourd'hui que tout commence. Que commence le déclin d'une société de progrès sociaux qui aura fait rêver le monde entier et qui va devenir un mythe avec sa disparition en une seule génération.