Pour ceux qui ne comprennent pas que les jeunes descendent dans la rue contre l'élection programmée et déjà actée d'Emmanuel Macron à la Présidence de la République qu'ils comprennent que c'est de la légitime défense face au mal qui va leur être infligé.
En effet Emmanuel Macron se positionne lui même comme l'homme politique assurant la continuité des politiques menées et sous Nicolas Sarkozy et François Hollande notamment en matière économique et sociale, à savoir le réformisme :
« Je me fiche des clans. Les chapelles ne m’intéressent pas. Je veux un large rassemblement. De Jean-Yves Le Drian à Xavier Bertrand, il y a une vraie cohérence », Emmanuel Macron. (20 minutes 27 avril 2017).
Dès lors pour déterminer ce que va être la politique économique d'Emmanuel Macron et ses effets il suffit de se reporter à ce qui a été fait depuis Nicolas Sarkozy et continué sous François Hollande.
En effet c'est sous Nicolas Sarkozy que né le social libéralisme à la française basé sur la négociation collective, l'exonération de charges, la simplification du Code du Travail notamment en favorisant la rupture du contrat de Travail. Autrement dit le réformisme économique.
C'est en 2007 qu'un accord est trouvé entre syndicats et patronnat, un accord signé par la CDT et la CFTC, acte de naissance du réformisme. Les syndicats signataires se qualifiant eux mêmes de syndicats réformistes pour justifier de leur signature. Le réformisme économique est donc né en 2007 avec cet accord dit de modernisation du marché du travail.
Cet accord devient la loi de modernisation du marché du travail de 2008, avec l'instauration notamment de la rupture conventionnelle du contrat de travail qualifié d'avancée majeure au bénéfice des salariés par la CFDT.
En parallèle c'est aussi l'exonération des charges patronales avec l'exonération totale des charges sur les heures supplémentaires et la réduction, dite réduction Fillon, des charges patronales sur les bas salaires.
Le bilan de cette politique réformiste du marché du travail est sans appel : + 745.000 demandeurs d'emploi sans aucune activité en plus entre 2008 et 2012.
Xavier Bertrand, qu'Emmanuel Macron souhaite voir dans sa majorité fut Ministre du Travail sous Nicolas Sarkozy, et même le Ministre du Travail qui a vue la plus forte augmentation du chômage pendant son mandat . C'est dire s'il est hautement qualifié dans ce domaine.
François Hollande accentue encore cette politique dite « réformiste » et annonce officiellement et publiquement une baisse massive des charges sociales payées par les entreprises au-travers du CICE et du Pacte de Responsabilité. Plus de 40 milliars d'euros d'exonération de charge. Du jamais vue.
Avec les syndicats dits réformistes il obtient lui aussi une nouvelle loi de réforme du marché du travail qui favorise les licenciements économiques et l libre négociation au niveau de l'entreprise de l'organisation du temps de travail ainsi que le niveau et le paiement des heures supplémentaires.
Accord qualifié d'avantageux pour les salariés par la CFDT et les syndicats réformistes et qui va être adoptée sous le nom de loi El Khomri.
Résultat de cette politique de réformes : + 535.000 demandeurs d'emploi entre 2013 et 2017 .
Conclusion : les réformes libérales du marché du travail réalisées en France par les réformistes entre 2008 et 2017 ont conduit à une augmentation du nombre de demandeurs d'emplois sans aucune activité de + 1.280.000 personnes.
Emmanuel Macron est l'homme qui annonce qu'il va poursuivre et même accentué cette politique réformiste avec :
encore une exonération supplémentaire des charges sur les salaires pour les entreprises;
des ordonnances pour encore modifier le Code du Travail pour permettre de licencier encore plus facilement et de pouvoir quasiment tout négocier au niveau de l'entreprise (rémunération, temps de travail, jours fériés etc...);
une nationalisation de Pôle Emploi ouvrant le bénéfice des indemnités chômage à des personnes non suscptibles d'en percevoir jusqu'ici (démissionnaires, artisans, commerçants, agriculteurs, chef d'entreprises) ce qui va automatiquement augmenter le nombre de demandeurs d'emploi.
Autrement dit le réformisme de Macron c'est la certitude d'avoir entre 700.000 et 1.500.000 demandeurs d'emplois en plus entre 2017 et 2022 et qui touchera en premier lieu les lycéens et étudiants d'aujourd'hui à l'exception des fils et filles des « Pénélope Le Roux » qui seront au pouvoir.
C'est donc tout à fait normal que les jeunes descendent dans la rue désespérés par la lâcheté de leurs parents et ainés qui vont les sacrifier sur l'autel de leur confort et de leur prétendue conscience.
Ils ne peuvent pas être aussi con que bon nombre d'adultes qui, en votant Macron, réclament en réalité encore et toujours plus de chômage pour de plus en plus de personnes.
"Macron du chômage ! Macron du chômage !" tel est le message des 60 % de français qui vont voter Macron. C'est triste mais c'est vrai.