Alors que les grèves dans les raffineries se poursuit et que les appels à la grève dans les centrales nucléaires et les transports se multiplient, surtout que les français ne se méprennent pas sur les responsables de ces mouvements.
En effet, contrairement à ce que n'arrête pas de clamer les membres du gouvernement et leurs médias, les responsables de ces grèves et de ces blocages ce n'est pas la CGT mais la CFDT qui a décidé de ne plus défendre les droits des salariés.
Et c'est cette posture, contre nature, qui fait le blocage actuel. Posture basée ouvertement sur la corruption comme l'atteste la dernière déclaration de Laurent Berger.
Car il faut se rappeler qu'au tout début la CFDT était opposée à la loi El Khomri. Laurent Berger a alors négocié avec Manuel Valls son poste et son salaire de reclassement quand il ne sera plus le président de la CFDT et alors la CFDT a parlé d'améliorations dans le texte, de concessions non encore suffisantes mais qui pouvaient être corrigées par le débat parlementaire.
Bien entendu la base de la CFDT et la majorité des français onr cru à cette position qui semblait crédible, à savoir des concessions dans le texte qui pouvaient être améliorés encore lors du débat parlementaire.
Cependant, et comme cela n'a échappé à personne, de débat parlementaire et donc d'améliorations du texte il n'y en a pas eu en raison de l'usage du 49.3.
Dès lors on pouvait s'attendre à ce que la CFDT se joigne à la CGT et FO pour exiger du gouvernement les améliorations du texte qui devaient sortir du débat parlementaire et peser par des grèves et manifestations pour qu'il n'y ait pas de recours au 49.3 lors de la seconde lecture de la loi à l'Assemblée.
Ey ce n'est pas du tout ce qui se passe aujourd'hui. Aujourd'hui Laurent Berger dans le journal "Le Parisien Aujiurd'hui" estime que le retrait de la loi travail telle qu'elle est serait inacceptable. Ce projet de loi non modifié par l'Assemblée du fait de l'utilisation du 49.3 est donc devenu pour la CFDT un texte essentiel pour les droits des salariés alors qu'il devait être modifié par le débat parlementaire.
C'est pitoyable et aussi visible et grotesque que la corruption qui gangraine aujourd'hui le Brésil.
Le résultat de cette corruption grossière c'est le blocage du pays. Puisque la CFDT ne joue pas son rôle le gouvernement ne retire pas son projet de loi et la situation s'enlise.
Et de l'issue du conflit actuel dépend l'avenir du syndicalisme même.
En effet ce n'est pas par hasard si les Républicains exhortent le gouvernement à ne pas retirer le projet de loi et à débloquer par la force. Les Républicains profitent de la situation pour sapper définitivement le pouvoir des syndicats et monter aux français qu'ils ne servent à rien, qu'ils ne peuvent pas s'opposer au gouvernement. Ainsi discrédités les syndicats ne pourront pas s'opposer à la législation ultra libérale que la droite va imposer aux français en 2017.
Si on comprend bien le fait que les dirigeants de la CFDT sont ouvertement achetés par le gouvernement on ne comprend pas la base des militants qui font, à chaque fois, les frais des attitudes prétendument "réformistes" de leurs dirgeants.
En tout état de cause le fait est certain : les grèves et les blocages ne sont pas le fait de la CGT mais de la CFDT qui ne joue plus son rôle de syndicat de salariés.
De même on comprend mieux pourquoi au moment de l'affaire Cahuzac Laurent Berger été contre la transparence du patrimoine des élus et syndicalistes car il craignait un "grand déballage" qui "ne serait pas sain pour la démocratie".