Hé ho la gauche ayant pour but de valoriser le bilan du quinquennat de François Hollande il est un point de ce bilan qui fait l'unanimité : cela va beaucoup mieux pour Carlos Ghosn et les grands patrons.
Les chiffres sont éloquents et parlent d'eux mêmes. Ainsi Carlos Ghosn patron de Renault qui augmente sa rémunération à 7,2 millions d'euros par an pour un mi-temps. Oui un mi-temps seulement car il est aussi patron de Nissan et touche à ce titre 8 millions d'euros qui viennent donc s'ajouter aux 7,2 payés par Renault.
N'oublions pas le patron de Peugeot, Carlos Tavares, qui vient de doubler son salaire pour le porter à 5,24 millions d'euros par an.
C'est donc incontestable, grâce à la politique menée par François Hollande et Manuel Valls ça va mieux pour les très grands patrons qui peuvent augmenter massivement leurs rémunérations.
Evidemment il ne faut surtout pas détailler le mécanisme qui a permis cette amélioration notable des salaires des grands patrons puisqu'il se fait au détriment des salariés et que le gouvernement est sur le point de l'étendre à l'ensemble des patrons de France par le biais de la loi El Khomri.
En effet la base de cette augmentation massive de la rémunération des grands patrons ce sont ces accords de compétitivité ou préservation de l'emploi qui ont été signé dans ces entreprises et dans lesquels les salariés consentent à des sacrifices en terme de rémunération et de temps de travail ainsi que la suppression d'un grand nombre d'emplois dans le but de permettre l'amélioration de la compétitivité de l'entreprise. Compétitivité indispensable sous peine de fermer l'entreprise et de licencier tout le monde.
Grâce à ces sacrifices salariaux l'entreprise augmente sa productivité, ses ventes et donc ses bénéfices et ses marges. Et c'est grâce à ses bénéfices en hausse et ses marges retrouvées que les entreprises peuvent ainsi massivement augmenter leurs patrons tout en maintenant, voir en accentuant, les efforts demandés aux autres salariés sous peine de remise en cause de cette dynamique favorable et donc de menacer encore et toujours les emplois et l'entreprise elle même.
C'est simple et cela fonctionne à merveille c'est incontestable.
C'est même pour cela que la loi El Khomri veut permettre à toutes les entreprises de faire pareil en privilégiant l'accord d'entreprise sur l'accord de branche (ou convention collective en terme plus simple) sur la rémunération et le temps de travail. Toute entreprise, peu importe sa taille, doit pouvoir imposer des sacrifices salariaux et de temps de travail à ses salariés pour permettre à l'ensemble des patrons d'augmenter massivement leur rémunération.
Bien entendu certains vont dire et bien tant mieux. En quoi cela gène de moins payer et de faire travailler plus les salariés pour permettre aux patrons de gagner plus ? Après tout c'est normal et sain que les patrons gagnent plus et de plus en plus et les salariés de moins en moins.
Sauf que ceux qui portent cette politique et cette philosophie, à savoir François Hollande et Manuel Valls, se disent de gauche donc à l'inverse favorable à l'amélioration de la condition des salariés et non des patrons. Qu'ils se sont fait élire justement par les électeurs de gauche et qu'ils prétendent d'ailleurs se présenter aux élections de 2017 comme des candidats de gauche...
C'est cela qui pose problème et c'est ce que les députés socialistes vont devoir décider et assumer au cours du débat sur la loi El Khomri. Soit ils l'adoptent ou la laisse passer par le 49.3 sans voter la censure et alors ils renoncent de fait à se prétendre de gauche pour les futurs élections. Ils devront se présenter et assumer cette nouvelle étiquette de social libéral néo centriste mais absolument pas de gauche. Soit ils votent contre ce texte au besoin en censurant le gouvernement et alors ils pourront se revendiquer être de gauche et oui alors pouvoir dire ; "Hé ho la gauche nous on est là et vous ?"