Alors que le chômage de masse ne cesse de toucher la France depuis des années, les entreprises, et notamment le MEDEF, on l'art et la manière de trouver, à chaque fois, une bonne raison qui empêche les pauvres entreprises de recruter et qu'il convient de corriger pour que les entreprises recrutent.
Ainsi il y a quelques années c'était la trop grande difficulté de rompre un contrat de travail qui était une cause majeur de l'absence de recrutement par les entreprises. Alors en 2008, avec l'aval de la CFDT et de la CFTC, on a légalisé la rupture conventionnelle du contrat de travail. Bilan le chômage à encore augmenté.
Qu'à cela ne tienne les entreprises ont alors annoncées que si elles ne recrutaient pas c'était à cause des charges trop fortes. Alors François Hollande a exonéré de charges les bas salaires dans le cadre du CICE et du pacte de responsabilité. Résultat le chômage a continué d'augmenter.
Alors les entreprises ont dénoncés les conditions trop difficiles, trop administratives, pour procéder à des licenciements économiques et plans sociaux. Alors le 14 juin 2013 la loi sur la sécurisation de l'emploi a facilité la mise en œuvre des plans sociaux qui ne cessent de se multiplier depuis sous le vocable de "plans de départs volontaires". Loi approuvée par la CFDT et la CFTC. Résultat le chômage a continué d'augmenter.
Les entreprises ont alors criées que c'était à cause de l'euro qui était trop fort. L'euro est donc tombé de 1,40 dollar à 1,10. Résultat le chômage a continué d'augmenter.
Mais c'est la faute du prix du pétrole ont elles alors toutes criées d'une même voix. Le prix du pétrole à chuté de plus de 80 dollars le baril à un peu moins de 40 dollars aujourd'hui. Résultat le chômage a continué d'augmenter.
Aujourd'hui les entreprises clament qu'elles ne peuvent pas recruter parce qu'elles ont peur des prud'hommes, juridiction paritaire composée par moitié par des chefs d'entreprise. Que pour recruter elles ont besoin de pouvoir à tout moment virer n'importe qui pour n'importe quel motif, même sans motif d'ailleurs. Qu'en plus il faut qu'au niveau de chaque entreprise elles puissent imposer des semaines de 48 h ou de 60 h de travail avec une rémunération minimale. C'est le débat en cours avec la loi El Khomri.
Ajoutons la nécessité pour le MEDEF de revoir à la baisse les allocations chômages et la durée de l'indemnisation chômage pour lui donner cette main d’œuvre sous payée et exonérée de charges dont elle a tant besoin pour augmenter ses profits. Autre débat actuel avec la négociation de l'assurance chômage.
Et demain ? Car il ne fait aucun doute qu'avec une telle mauvaise foi à chaque fois récompensée le chômage va continuer d'augmenter. Demain ce sera les salaires trop élevés et le fait de supprimer le SMIC pour le remplacer par un salaire minimum par branche d'activité voir par entreprise pouvant descendre jusqu'au montant du RSA.
Les entreprises mènent tout le monde en bateau depuis des années et obtiennent ce qu'elles veulent sans embaucher personne. Aucune raison que cela cesse et donc que le chômage baisse.