A priori il peut sembler consternant pour de nombreux citoyens que ce qui fait l'actualité en France ce sont les déclarations d'un footballeur professionnel contre son entraineur et certains de ses coéquipiers, le bourbier Syrien nous amenant au bord d'une 3ème guerre mondiale étant relayée aux faits divers après les déclarations de candidature aux primaires de la droite...
Mais à y regarder de plus près cet épisode est digne d'intérêt car il est le reflet d'une époque et de l'évolution dictatoriale de notre société.
En effet de quoi s'agit il exactement ? Il s'agit d'un footballeur professionnel, Serge Aurier, qui est salarié du club du Paris Saint Germain et qui a fait des déclarations à la limite de l'injure contre son entraineur et certains de ses coéquipiers, déclarations publiées sur un réseau social puis reprise par internet.
Aussitôt ce fait est devenu un fait d'actualité aussi grave que l'accident de bus ayant fait 6 morts et même plus grave que la collision de trains survenue en Allemagne il y a quelques jours. Les déclarations de Serge Aurier sont aujourd'hui qualifiés de "crime de lèse qatari" par l'ensemble des chroniqueurs et acteurs du foot français, les médias se faisant une joie de relayer le "drame" que vit le club et la société aujourd'hui, certains parlant d'état de choc pour le club et tout le monde trouvant insuffisant la contrition publique faite par le coupable par vidéo certains dinosaures réactionnaires comme Guy Roux évoquant la peine de mort contre le dit joueur.
Résultat ? Serge Aurier a été mis à pied à titre conservatoire et fait l'objet d'une procédure disciplinaire. Et personne pour défendre ce jeune homme et relever la disproportion de la réaction du club et de la société face aux faits en question.
Car enfin comment expliquer ce déchainement pour un fait aussi minime quand on se souvient de déclarations et d'attitudes beaucoup plus graves contre le Paris Saint Germain notamment de la part, par exemple de Nicolas Anelka. Et comment de pas évoquer le cas d'Eric Cantona devenu une légende de Manchester United alors qu'il a, entre autre chose, envoyé volontairement un ballon sur un arbitre, jeté le maillot de son club (Marseille) au sol et marché dessus, qualifié en direct à la télévision le sélectionneur de l'équipe de France de "sac à merde" et même frapper un spectateur en plein match ! Et le tout sans jamais une excuse !
Quel écart. Qu'elle évolution. Aujourd'hui la dictature de l'argent, la dictature qatarienne et sa conception archaïque des droits de l'homme qui fait des centaines de morts sur les chantiers au Qatar s'impose en France. Impossible de défendre Serge Aurier. Même Collard ou Dupont-Moretti ne peuvent rien faire pour défendre ce jeune homme de 23 ans contraint par la toute puissance de l'argent rouge sang du Qatar à une contrition humiliante en place publique.
Rien car rappelons que ce jeune homme, même s'il est footballeur professionnel, est avant tout un simple salarié d'une entreprise. Et comme tout salarié, comme l'a annoncé le Grand Cheikh François Hollande, il peut être licencié sans motif contre une indemnité plafonnée en fonction de son ancienneté et faire l'objet d'une "fatwa" de la part de son employeur lui interdisant de retrouver un club où évoluer. Et Serge Aurier n'a que quelques mois d'ancienneté...
Mais qui va se dresser pour dénoncer cette évolution dictatoriale et le retour au droit de vie et de mort donné à ceux qui ont l'argent contre le peuple ? Qui va défendre un jeune de 23 ans bourré de produits dopants que l'on ne donnerait pas à un poulet ou à un cochon et imposé par son club contre une procédure aussi disproportionnée qu'injuste ?
Personne puisque le grand Cheick Hollande auto proclamé grand défenseur des Droits de l'Homme a annoncé la légalisation de la peine de mort sociale que constitue le licenciement sans motif.