Maintenant que les vacances sont terminées dans toutes les zones et que le jour des élections approchent les français vont de plus en plus s'intéresser aux élections départementales et découvrir l’absurdité de cette élection et l'enjeu réel de celle-ci.
Pour mieux comprendre juste un petit rappel historique. Le vote actuel est, en réalité, la première étape de ce qui devez être la fusion entre les conseils généraux et les conseils régionaux décidés par Nicolas Sarkozy. Les deux entités devaient en effet faire la place à une seule, les conseils départementaux, avec une assise territoriale plus grande qu’aujourd’hui et une représentation démocratique modernisée par l'élection obligatoire d'un binôme homme - femme au nom de la parité et de l'égalité des sexes.
Voilà pourquoi les élections s'appellent les élections départementales et qu'il y a obligatoirement un duo de candidats homme - femme dans chaque canton.
Ele problème c'est qu'ente temps le Président de la République a changé et le sens de la réforme territoriale aussi. En effet aujourd'hui il n'est plus question de supprimer les conseils régionaux au profit des conseils départementaux, mais de supprimer les conseils départementaux et de préserver les conseils régionaux, moins nombreux et avec une assise géographique plus grande, et d'accroitre les compétences des communautés urbaines.
Donc les conseils départementaux pour lesquels on organise cette élection ont vocation de toute façon à disparaitre en 2020 sauf dans les zones dites rurales où elles n'auront plus qu'un rôle de guichet social et plus aucun autre pouvoir notamment en matière d'urbanisme.
Un exemple simple pour comprendre et d'actualité, alors que c'est actuellement le Conseil Génral du Tarn qui a compétence pour décider et voter le projet de barrage de Sivens, cela ne sera plus vrai dès la seconde loi relative à la réforme territoriale votée soit dans quelques semaines.
Dans un contexte de défiance envers les politiques et de montée de l'abstention on organise donc des élections qui ne servent en rien, qui n'auront de toute façon aucune incidence sur la vie des gens du fait de la disparition programmée des élections départementales.
Les partis politiques eux mêmes et les candidats à ses élections sont donc bien embêtés pour trouvers des atguments pour mobiliser les électeurs et donner des arguments pour voter en leur faveur. C'est donc bien par l'absence d'enjeu réel des élections départementales que celles-ci se transforment en référendum national pour ou contre le Front National et donc pour ou contre l'Europe. Comme le déclare Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat (PS) aux Relations avec le Parlement, dans le JDD de ce jour : "il est temps de reconnaître que la lutte contre le FN est prioritaire".
Pour fausser encore plus cette consultation électorale il faut savoir que les deux plus grandes villes du pays, Paris et Lyon, ne votent pas pour ces élections, leurs communautés urbaines ayant déjà pris la place des conseils généraux.
Cet état de fait, voullu par les politiques, est un handicap majeur pour la majorité présidentielle puisque les deux bastions majeurs du social libéralisme et du vote en faveur de la majorité présidentielle ne vont pas participer au scrutin.
Cette absence de vôte à Lyon et Paris explique en partie les très faibles intentions de vôte en faveur du parti socialiste (20 %) et de celles d'EELV (2 %) et le score élevé du Front National (30 %).
Au vote de défiance contre le gouvernement va donc s'ajouter et peser de tout son poids le vote de défiance contre la capitale et ses élites dont les voix ne viendront pas compenser ce vote de défiance.
Privé des voix de la capitale et de deux de ses principaux pourvoyeurs de voix le gouvernement et le parti socialiste craignent d'autant plus le résultat de ces élections sans autre enjeu que celui d'exprimer sa défiance à l'égard de la politique, du gouvernement, de la capitale et de l'Europe.
Au fur et à mesure que le jour des élections va approcher de plus en plus de français vont chercher à s'informer sue cette élection et vont, de toute façon, être abreuvés d'informations par les médias. Donc de plus en plus de français vont comprendre qu'on leur demande de voter pour élire leurs représentants pour siéger dans des structures sans pouvoirs et destinés à disparaitre dans 3 à 6 ans, donc des élections qui ne servent à rien.
Pas sur que cela incite les français à aller voter ou alors, au contraire, incite des français à voter Front National pour dénoncer ce "foutage de gueule" national.
Pas sur que les français soient dupes de cette prétendue menace du Front National pour tenter de masquer la réalité de cette élection vide de sens et de tenter de les mobiliser. A moins bien sur que les français aiment qu'on les manipule et qu'on se moque d'eux ouvertement et publiquement.
Le véritable enjeu des élections départementales est donc bien celui ci : quel pourcentage de français aime qu'on le manipule et que l'on se moque de lui ouvertement et publiquement avec de l'argent public ?
Réponse fin mars 2015.