Les députés socialistes sont régulièrement discrédités par le pouvoir exécutif au point, oui, de mettre la fonction même de député en danger.
En effet, depuis la réforme constitutionnelle instituant le quinquennat et la concomitance des élections présidentielles et législatives le Parlement n'a plus vocation qu'à être une chambre d'enregistrement des décisions de l'exécutif et le bouc émissaire de ses erreurs.
Que l'Assemblée Nationale ne soit plus qu'une chambre d'enregistrement des décisions de l'exécutif est devenue évident avec la nomination de Manuel Valls qui passe sont temps à faire adopter par les députés socialistes des textes contraires à leur principes et leurs convictions. Les frondeurs tentent bien de sauver la face mais rien y fait les textes sont adoptés et les parlementaires discrédités.
Avec l'amendement sur la taxation des dividendes des SA et SARL on atteint le maximum de discrédit possible pour ceux qui pensent encore avoir le pouvoir législatif.
En effet la majorité des députés socialistes ont déposé et adopté un amendement soumettant aux prélèvements sociaux les dividendes versées par les SA et SARL à leurs actionnaires. Expression simple mais réelle du pouvoir législatif des députés.
Oui mais cet amendement ne plait pas aux entreprises et au gouvernement et celui-ci, par l'intermédiaire de Michel Sapin, annonce publiquement que les députés socialistes vont retirer cet amendement parce que la mesure adoptée a été mal préparée et mal expliquée, sous entendu que les députés ne peuvent qu'adopter les mesures écrites au préalable par les membres des cabinets ministériels et approuver par le gouvernement.
Autrement dit que le pouvoir législatif n'est plus du tout entre les mains des députés mais entre celui des membres des cabinets ministériels qui sont les seuls a pouvoir décider des mesures législatives à adopter.
Au delà des limites légales au pouvoir législatif comme les traités internationaux (dont le fameux pacte de stabilité) et le bloc de constitutionnalité les députés sont totalement dépossédés de leur pouvoir par l'exécutif au nom de la "cohérence républicaine" et surtout de la crainte de la dissolution synonyme de perte de places.
Seulement a ce petit jeu, a force de reculade par crainte de perdre son poste, les députés se mettent en danger et c'est la raison d'être de la représentation nationale qui est aujourd'hui remise en cause.
En effet, François Hollande mais aussi l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle de 2017 proposent de réduire le nombre de parlementaires à l'Assemblée Nationale et ce de façon drastique (Alain Juppé annonçant vouloir supprimer de la moitié le nombre de parlementaires) sans que cela ne suscite de réactions dans la population qui, au contraire, serait même plutôt favorable à cette diminution.
Ce qui est normal d'ailleurs. A quoi bon avoir 577 députés quand il ne s'agit que d'approuver les textes écrits par le gouvernement et par lui seul ? 250 ou 270 cela suffit largement.
De toute façon les décisions sont prises par le seul exécutif et ne souffrent d'aucune contestation possible comme le démontre le gouvernement Valls depuis sa nomination.
Pour les parlementaires qui pensent que cette réduction du nombre de députés n'arrivera jamais car elle suppose de modifier la Constitution (et donc d'avoir leur accord), qu'ils réfléchissent un peu plus aux annonces de Nicolas Sarkozy de vouloir organiser des référendums le même jour que le premier tour des élections législatives de 2017 pour comprendre qu'ils sont condamnés. La suppression du nombre de députés sera faite par référendum et au moment où les députés seront en pleine campagne pour être élus donc incapable de se défendre.
Les députés socialistes sont donc en train de tuer la fonction et de laisser au gouvernement la totalité du pouvoir législatif. Ce sont les députés et les français qui en paieront le prix dès 2017 avec une présidentialisation totale du pouvoir en France ressemblant à s'y méprendre a une dictature de fait.