L'acharnement récent du gouvernement contre les demandeurs d'emploi n'a rien à voir avec une quelconque demande de l'Allemagne qui n'en à rien à faire, mais c'est la prise de conscience de l'impasse dans lequel se trouve le gouvernement face au pacte de responsabilité, impasse pourtant annoncé dans les divers éditos précédents.
Pour ceux qui doute encore ils n'ont qu'à constater que l'on est passé de l'absence de contrepartie au pacte de responsabilité à la chasse au demandeur d'emploi en deux mois de temps (de juillet à octobre 2014). Aujourd'hui on ne parle plus de l'absence des accords de branche qui devaient intervenir dans le cadre du pacte de responsabilité, on ne parle que des demandeurs d'emploi qui ne chercheraient plus activement un emploi.
Car le piège du pacte de responsabilité c'est refermé sur le gouvernement et ses effets en terme de chômage et de déficit vont être terrifiant.
Le motif en est simple. Comme prévu et annoncé en contrepartie des exonérations de charges accordées par l'Etat les entreprises ne vont procéder à aucune embauche. Elles vont refaire leur trésorerie, augmenter les dividendes et augmenter les salaires des quelques cadres dont elles craignent le départ et continuer à faire partir "volontairement" ceux qu'elle estime inutile ou trop cher. Ce n'est que dans les secteurs qui ont déjà des difficultés à recruter que des emplois précaires et payés a minima vont être créé.
En face vous avez des demandeurs d'emploi grassement payés pour être partis volontairement de leur entreprise ou dont les employeurs ne veulent pas (sous qualifiés, demandeurs de longue durée, sans dents déprimés etc...).
Compte tenu des exonérations de charges accordées l'Etat est contraint de baisser les dépenses publiques en ce compris la dotation aux collectivités qui, de ce fait, vont restreindre leur consommation et commandes de travaux publics engendrant une nouvelle vague de suppression d'emploi.
Résultat inévitable : une augmentation très forte du nombre de demandeurs d'emploi, une chute de la consommation des collectivités et des ménages, une récession.
La gouvernement a aujourd'hui conscience de cette impasse et tente d'y remédier avec des mesures totalement improvisées et inutiles.
Si on s'en tient au contrôle renforcé des demandeurs d'emploi, faute des embauches supplémentaires qui devaient avoir lieu dans le cadre du pacte de responsabilité cela ne peut rien donner. Tout ce que cela peut engendrer c'est une correction à la marge par radiation du nombre de demandeurs d'emploi mais n'évitera pas la vague de demandeurs d'emploi supplémentaire qui se présente d'ors et déjà à Pôle Emploi aujourd'hui.
Le Ministre de l'Economie anticipe sa présentation de projet de loi sur la croissance d'ailleurs rebaptisée sur "l'activité" pour tenter de modifier la trajectoire, mais cela ne donnera rien du tout à part la déstabilisation du peu de secteurs encore debout aujourd'hui.
Même la tentative d'explication et de motivation le 6 novembre par un François Hollande totalement discrédité et inaudible n'y fera rien.
Tout le monde sait ce qu'il faut faire, quitter l'Europe, mais personne n'ose le dire ou le faire sauf, comme c'est le cas pour Marine Le Pen, à être diabolisée et taxée d'incapacité à gouverner.
Pourtant le succès du livre d'Eric Zemmour devrait faire prendre conscience que le rejet de l'Europe tel qu'exprimé par le peuple en 2005 gagne du terrain et donc que Marine Le Pen gagne chaque jour en crédibilité.
Au parti socialiste on commence à entrevoir le désastre que va constituer les élections départementales du mois de mars 2015 et les 30 à 40 départements qu'ils vont perdre. Mais ils ne feront rien pour l'empêcher n'ayant pas le courage d'assumer le fait de devoir quitter l'euro pour éviter l'impasse dans laquelle François Hollande nous a mis.
Si seulement il y avait un vrai chef d'Etat à gauche ou à droite qu'il se dévoile aujourd'hui car il est déjà presque trop tard.