Alors qu'il est acquis que les députés socialistes vont voter la confiance au gouvernement de Manuel Valls, l'impact médiatique de ce vote démontre en ravanche qu'il est d'une importance fondamentale pour l'avenir du pays et de ses institutions.
En effet depuis l'élection de François Hollande l'Assemblée Nationale s'est considérablement discréditée aux yeux des français qua ce soit par la multiplication des affaires et scandales (Cahuzac, Thévenoud etc...) mais aussi son incapacité à légiférer utilement sur les questions de société comme l'atteste la loi sur le mariage pour tous qui ne satisfait personne.
Ce désaveu est tel que c'est la question même du pouvoir dévolu à l'Assemblée qui se trouve posé aujourd'hui.
Oui car tirant parti de cette désaffection des citoyens pour ses parlementaires le couple Sarkzy - Gattaz a décidé de jouer la carte du référendum, du recours au peuple pour clarifier la situation et se faire élire.
C'est bien pour cela que Pierre GATTAZ proclame dans la presse que notre système social a vécu et qu'il faut totalement en changer. Comme il sait que ce n'est pas faisable par la négociation avec les syndicats et par le Parlement, il en appel directement au peuple, donc au référendum, pour pouvoir faire valider la réforme qu'il demande.
Et ce n'est pas un hasard si Nicolas Sarkozy va annoncer son retour en politique dans la presse en basant toute sa stratégie sur le recours aux référendums et donc la mise sur la touche de l'Assemblée Nationale. Il donne ainsi des gages aux électeurs français que rien ne sera fait sans leur accord mais que tout sera possible puisque le référendum est souverain.
Autrement dit il y aura un référendum sur le mariage pour tous et la PMA voir même la GPA. Référendum qui sera seul donner la légitimité aux décisions à prendre dans ce domaine et donc de pacifier la société.
Idem pour la réforme du marché du travail demandé par le MEDEF. Un référendum relatif au travail du dimanche, la suppression de jours fériés, la fin de la limitation légale du travail et le recul de l'âge de la retraite à 67 ans sera organisé et donnera les bases de la politique qui sera alors appliquée en France.
Nicolas Sarkozy a bien préparé son retour et a basé toute sa stratégie sur une mise à l'écart de l'Assemblée Nationale au profit du recours direct au peuple se mettant ainsi définitivement dans la filiation du Général de Gaulle et de sa pratique souverainiste du pouvoir basée sur une légitimité populaire incontestée.
On comprend mieux dès lors l'importance du vote de l'Assemblée Nationale cette après midi. En votant la confiance au gouvernement malgré la défiance populaire l'Assemblée Nationale va, de fait, laisser tomber les français les condamnant à un face à face, un rapport de force incessant face à un pouvoir exécutif totalement sourd et condamné à imposer une politique qui ne fera qu'alimenter la grogne et la désespérance de la population.
Dès lors les conflits et les oppositions vont se multiplier alimentant une rancoeur, une défiance, rendant impossible tout redémarrage d'une économie et d'une société déprimées et ouvrant la porte à l'homme providentiel, celui qui va redonner le pouvoir au peuple, à la population et qui sera le garant de la volonté et de la souveraineté du peuple français : Nicolas Sarkozy.
Les députés sont donc prévenus. En votant la confiance au gouvernement les députés abdiquent en fait, se saborde pour laisser la place à un pouvoir législatif directement exercé par la population par le biais de référendums.
Après tout les députés socialistes ont le droit de voter en faveur du retour de Nicolas Sarkozy.