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Edito :

" Qui va payer les cotisations à la place des entreprises ?"

Au lendemain de la conférence de presse de François Hollande (ou Sylvio Poutine pour les puristes) la question désormais est de savoir qui va payer les cotisations pour financer les allocations familiales à la place des entreprises. La réponse est simple en théorie, c'est tout le monde. En pratique c'est plus complexe, certains ne payant rien et d'autres payant un maximum.

En théorie tout le monde va payer les cotisations à la place des entreprises comme c'est le cas avec le crédit impôt compétitivité payé par les hausses de la TVA depuis le 01er janvier 2014. Que les partenaires sociaux décident d'une hausse de la CSG, de la TVA ou des cotisations salariales ou de l'impôt sur le revenu, apparemment tout le monde est sur un pied d'égalité et va payer les allocations à la place des entreprises. Mais la réalité est toute autre.

Toute autre car les entreprises vont capter une partie de cette baisse des charges pour augmenter leurs rentabilités et les salaires de leurs salariés les plus haut placés faisant en sorte que pour les actionnaires et les salariés les mieux payés la hausse des rémunérations compensent la hausse des prélèvements.

En conséquence ce sont en théorie les smicards, les bas salaires, les temps partiels, les malades, les demandeurs d'emploi, les retraités qui vont payer les cotisations faute d'avoir une compensation en terme de hausse de revenus.

Seulement c'est là qu'intervient le dialogue social et donc les syndicats de salariés qui vont négocier pour que les salaires payés aux salariés ne baissent pas malgré la hausse des prélèvements. On va donc négocier une hausse des salaires pour les smicards, les bas salaires et les temps partiels, hausse que le patronat va accepter avec joie dans la mesure où il est plus rentable pour une entreprise d'augmenter les bas salaires que de recruter. Ceci d'autant plus qu'avec la suppression des cotisations familiales la réduction Fillon sur les bas salaires devient nettement moins avantageuse.

Donc pour l'ensemble des salariés, cela devrait se traduire par une opération blanche, à savoir une hausse des cotisations ou de la CSG compensée par une hausse des rémunérations.

Problème, si on augmente les salaires pour compenser les prélèvements sur les salariés on n'a plus d'argent pour baisser les prix et pour recruter. Hors cette suppression des cotisations pour les entreprises doit donner lieu a une amélioration de la compétitivité des entreprises (donc une baisse des coûts de production) et des embauches. Donc si on veut que les entreprises embauchent et soient compétitives il ne faut pas que les salaires augmentent en proportion de la hausse des prélèvements. C'est mathématique.

Pour les retraités, les malades et les demandeurs d'emploi il n'y a personne pour négocier pour eux donc pour eux aucune compensation à attendre, il faudra payer le maximum.

On va donc mettre en place une politique où on va baisser la rémunération des plus pauvres pour permettre aux entreprises d’améliorer leur compétitivité donc d’augmenter leurs bénéfices. Cette baisse de rémunération entrainera une baisse de la consommation, baisse d’autant plus forte qu’elle va toucher les plus modestes donc ceux qui consomment faute de pouvoir épargner. Moins de consommation donc moins de clients donc moins besoin de recruter.

On ne connait pas encore l'ampleur de cette captation de richesse au profit des entreprises et donc la baisse de la rémunération qui va toucher tous les français car tout dépend des partenaires sociaux.

Si les partenaires sociaux décident en effet de conserver le crédit impôt compétitivité (financé par la TVA) c'est 30 milliards d'euros qu'il va falloir prélever en 3 ans et donc 10 milliards d'euros par an de 2014 à 2017. Si, en revanche, les partenaires décident de supprimer le crédit impôt compétitivité (qui correspond à 20 milliards d'euros) pour reporter les hausses de TVA de 2014 sur la baisse des cotisations familiales pour les entreprises, alors ce n'est que 10 milliards d'euros qu'il faut trouver en 3 ans, soit 3,33 milliards d'euros par an.

Place donc à la négociation et au législateur avec une seule certitude : si tout le monde va payer la suppression des cotisations patronales des entreprises ce sont les plus modestes qui en paieront la plus grande part sous les "hourra" des syndicats et des communistes qui font liste commune avec les socialistes.




 

 

( Par gabdel le 15/01/2014 )

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