Edito : |
" Hausse des intentions d'embauche en 2014 : mais pourquoi le chômage augmente quand même ?"
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Les médias ce sont fait une joie de relayer la bonne nouvelle : Pôle Emploi annonce une hausse des intentions d'embauches par les entreprises en 2014. Plus de 1,7 millions d'embauches prévues, soit une hausse de 5,4 %, youpi !
Ben oui mais on est déjà en avril 2014, et en janvier et février 2014 le nombre de demandeurs d'emplois à encore augmenté. Il y a donc comme un problème. L'étude permettant de chiffrer ces intentions d'embauches étant réalisées en décembre 2013, comment se fait il qu'on est connue une telle hausse du chômage en janvier et février 2014 ?
Pour tenter de comprendre regardons les emplois à pourvoir dans le cadre de ces intentions d'embauches. Ce sont, selon cette étude, des emplois de viticulteurs, agents d'entretien, animateurs socio-culturels, serveurs, apprentis de cuisine, agriculteurs et ouvriers agricoles, aides à domicile ou ménagères, aides-soignants, vendeurs ou employés de libre-service qui sont recherchés par ses entreprises.
Ce sont donc des emplois peu qualifiés, souvent précaires, payé au minimum (le SMIC) ou à temps partiel, ne représentant aucun potentiel de carrière.
C'est d'ailleurs pour cela que Pôle Emploi révèle que les entreprises qui augmentent leurs intentions d'embauches sont celles qui se plaignent depuis pas mal de temps de ne pas avoir assez de candidats, donc les secteurs en difficulté de recrutement.
On comprend mieux alors pourquoi malgré la hausse des intentions d'embauche ne permet pas de faire baisser le chômage : cette offre de travail ne correspond pas à la demande de travail.
En effet la demande de travail est une demande de travail à temps plein, rémunéré plus que le SMIC, dans une activité correspondant aux qualifications acquises et représentant une perspective de carrière, de durée. Malheureusement ces emplois sont détruits massivement par les suppression de postes réalisées par les plans sociaux validés et financés par le gouvernement au-travers du CICE (crédit emploi compétitivité). Ne reste donc que des emplois précaires et sous qualifiés à pourvoir.
Donc d'un côté on supprime des emplois stables, qualifiés et bien rémunérés et de l'autre on créé des emplois sous qualifié, précaires et mal rémunérés. Donc on a bien une offre de travail qui ne correspond pas à la demande de travail et dès lors le nombre de demandeurs d'emplois augmentent en même temps que le nombre d'emplois non pourvus.
C'est la conséquence de la loi sur la sécurisation de l'emploi et du CICE qui financent la suppression des postes stables et qualifiés et encourage à la création de postes précaires sous qualifiés.
Mais alors c'est ici qu'intervient, pour Pôle Emploi et le gouvernement, l'arme magique de la formation professionnelle. Grâce au compte individuel de formation tout salarié qui perd son emploi voir même toujours en poste peut demander à faire une formation pour être apte à reprendre un emploi dans un secteur qui embauche. Youpi !
Oui mais comme les secteurs qui embauches proposent des emplois sous qualifiés et peu payer les salariés et demandeurs d'emplois vont se précipiter pour faire des formations sous qualifiantes ? Le comptable menacé par un plan social va demander une formation de femme de ménage (homme d'entretien) ? la secrétaire avec son BTS de 56 ans avec 3 enfants et des douleurs aux cervicales va réclamer une formation de serveuse ou d'aide ménagère ? Le jeune avec son bac + 4 qui ne trouve pas de travail il va demander une formation pour être chaudronnier ou apprenti boucher ? Quel parent ne va pas dissuader son fils ou sa fille d'arrêter ses études pour vivre avec son copain et sa copine et travailler dans des bars - restaurants ou comme cueilleuse de fruits ?
On voit bien que cela ne colle pas. En réalité on mène une politique qui, au lieu d'améliorer le fonctionnement du marché du travail le rend de plus en plus défectueux en éloignant encore plus la demande de l'offre de travail.
Avec le pacte de responsabilité on va encore augmenter le CICE et lui ajouter des exonérations de charges pour créer de plus en plus d'emplois précaires et sous qualifiés et on va financer des plans sociaux et procéder à des économies provoquant l'augmentation massive de demandeurs d'emplois stables et qualifiés. Donc une politique qui va encore favoriser la hausse du nombre de demandeurs d'emplois.
Oui le nombre des intentions d'embauches est en augmentation en 2014. Malheureusement loin d'être une bonne nouvelle il est, en réalité, la preuve d'une dégradation du marché du travail qui s'accélère et qui ne va que s'accentuer dans l'avenir avec la politique adoptée par le gouvernement Valls.
Q.
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( Par gabdel le 10/04/2014
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