Edito : |
" La lettre à la fois ubuesque et honteuse de Manuel Valls aux députés socialistes :"
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La lettre que Manuel Valls a écrit aux députés socialistes pour tenter d'obtenir leur vote demain sur les économies a réaliser est disponible sur le site youscribe (www.youscribe.com/catalogue/tous/actualite-et-debat-de-societe/politique/la-lettre-de-manuel-valls-aux-deputes-ps-2440251).
Cette lettre va au-delà des pires craintes que l'on pouvait avoir sur la politique et la stratégie du gouvernement pour les années qui viennent.
Tout d'abord le Premier Ministre expose que le pacte de responsabilité avec la réduction des charges sur le travail est un puissant levier pour la croissance et la confiance poursuivant deux objectifs majeurs : l'emploi et le pouvoir d'achat.
Le problème c'est que Pascal LAMY mais aussi le gouverneur de la Banque de France ainsi que la plupart des économistes et analystes disent que la seule réduction des charges ne suffira pas à rétablir la compétitivité des entreprises. Que si on veut créer des emplois il faut dérèglementer le marché du travail et notamment revenir sur le SMIC qui doit être modulé selon les branches d'activité et indexé sur l'amélioration de la compétitivité et non plus sur l'inflation. Autrement dit qu'il faudra mener une politique toujours plus libérale et revenir sur l'ensemble des acquis sociaux si on veut que cela réussisse.
C'est tout de même un comble de demander à des députés socialistes de voter pour des mesures libérables sans leur dire jusqu'où ils devront aller dans le reniement à ce qui est sensé être leurs valeur et leur raison d'être.
Manuel Valls prend donc bien les députés socialistes et les électeurs pour des imbéciles.
Ensuite le Premier Ministre en vient aux 50 milliards d'économie jugé impératif par le Président de la république tout d'un coup sans justification précise sur l'urgence et sur le montant arrêté. Il en rappel d'ailleurs la répartition : 18 milliards pour l'Etat, 11 milliards pour les collectivités territoriales, 10 milliards pour l'assurance maladie et 11 milliards pour la gestion du système social. Cependant, magnanime, grand seigneur, Manuel Valls consent à faire l'aumône aux retraités modestes en dispensant du gel des prestations les 6,5 millions de retraités percevant moins de 1200 euros de retraite par mois toutes retraites confondues principale et complémentaire. Mais il n'est pas précisé que cet aumône faite aux retraités modestes abaisse le chiffre total des économies à réaliser, de même que le geste en faveur de la poignée de fonctionnaires de catégorie B qui entre en fonction.
Donc les aumônes faites aux retraités modestes et certains fonctionnaires devront être compensées par des économies supplémentaires qui seront supportées par les classes moyennes .
On est donc bien dans une mascarade totale. Et le pire c'est qu'il n'y a aucune garantie de résultat bien au contraire comme l'écrit le Premier Ministre lui même. Il écrit en effet qu'il a conscience que les économies réalisées vont peser sur l'activité à court terme donc sur la croissance et sans une baisse de l'euro qui est trop élevée la France sera en récession. Donc que tout va dépendre de la capacité pour François Hollande d'obtenir, après les élections européennes, une baisse de l'euro, baisse non souhaitée par une majorité de pays membre de l'euro !
Ce qui est donc demander aux députés socialistes c'est de trahir leurs convictions en votant des dispositions de plus en plus libérales et de tout miser sur la capacité de François Hollande à obtenir une baisse de l'euro, baisse que personne n'a réussi à obtenir jusqu'ici.
C'est tout simplement irréaliste et suicidaire. La réalité dépasse la fiction.
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( Par gabdel le 28/04/2014
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