Annoncé sur ce site depuis plusieurs semaines le "mur des réalités" est en vue et il fait peur au sommet de l'Etat.
Peur est un faible mot. On peut parler de panique totale au plus haut sommet de l'Etat.
Pour ceux qui en doute encore il faut savoir que le gouvernement a demandé à l'INSEE de repousser la publication des chiffres de la croissance du deuxième trimestre d'une semaine tellement ils sont mauvais. Le but est d'attendre le retour de vacances de François Hollande et de Manuel Valls car il va falloir, comme prévue, décider d'une révision de la prévision de croissance contenue dans la loi de finances rectificatives à peine votée et en tirer toutes les conséquences.
En effet, comme le révèle le Canard Enchainé, Michel Sapin a déclaré que si la croissance 2014 atteignait 0,5 % ce serait déjà un très bon résultat. Le problème c'est que le budget est basé sur une prévision de croissance de 1 % et que le pire est seulement à venir.
Le pire, à savoir la déflation tellement crainte par François Hollande et Manuel Valls et qui a déjà touché le secteur des services au mois de juillet 2014.
Pour comprendre concrètement ce qu'est la déflation il suffit donc de constater ce qui se passe dans le secteur des services. Dans ce secteur d'activité, comme dans les autres d'ailleurs, l'activité s'est contractée pendant 3 mois consécutivement, autrement dit il y a eu moins de demandes, moins de clients. Aussi, pour maintenir l'activité et renouer avec une légère croissance de l'activité les entreprises de services ont baissé leurs prix en baissant leurs marges et surtout en supprimant des emplois. Seulement en baissant leurs marges et en supprimant des emplois ils contribuent eux mêmes à la baisse de la demande donc du nombre de clients et de leur pouvoir d'achat amenant, à terme, la récession faute de ne plus pouvoir continuer à baisser leur prix.
Si ce mécanisme de déflation est tellement craint par François Hollande et Manuel Valls c'est parce qu'il est la conséquence directe et inévitable de la politique économique que Bruxelles impose à la France et de l'incompétence du gouvernement.
En effet à partir de la rentrée de septembre la demande intérieure, autrement dit la consommation intérieure, va s'effondrer du fait :
1) de la réception par les entreprises et les particuliers d'impôts à payer en très nette augmentation (surtout les impôts locaux) (sauf pour quelques centaines de milliers de personnes parmi les plus modestes) combiné aux effets dévastateurs du gel des retraites, des allocations familiales et du traitement des fonctionnaires;
2) de la chute des commandes publiques du fait de la baisse de la dotation aux collectivités et la réforme territoriale condamnant de nombreuses entreprises à devoir chercher de nouveaux marchés dans des secteurs déjà hyper concurrentiel.
Si vous ajoutez à cette réalité la suppression de postes dans la fonction publique et para publique et dans les activités réglementées du fait de la réforme Montebourg à venir, vous avez le "mur des réalités" ou spirale déflationniste sur laquelle l'économie française va se fracasser.
Les plus optimistes tablent sur une éventuelle reprise en 2018/2019, Chantal Jouanno évoquant ce matin 10 ans minimum (soit 2024).
Allez bonne fin de vacances. La suite dès les chiffres de la croissance (un peu revue et trafiqué quand même) connue.