L'ensemble de la classe politique, en ce compris Marine Le Pen, trouve indécent et génant le fait que Valérie Trierweiler puisse écrire un livre sur la relation qu'elle a entretenu publiquement avec François Hollande.
Mais cette indignation n'a pas lieu d'être car elle n'est que la conséquence de l'évolution de la société française en matière vie de couple et vie privé où la liberté et l'épanouissement individuel ont supplanté la fidélité et la stabilité.
En effet il n'a échappé à personne que l'une des évolutions majeures de la société français ses dernières années est le déclin du mariage au profit du concubinage. Evolution consacrée par différents textes de lois depuis 1999 où tout à chacun est libre de se mettre en couple avec qui bon lui semble, de faire ou non des enfants, et de le ou la quitter pour un ou un(e) autre comme bon lui semble (concubinage, pacs).
C'est même devenu aujourd'hui un modèle. On ne parle plus de la famille mais des familles. La norme c'est la famille recomposée, ce n'est plus la famille stable avec un père, une mère et des enfants élevant leurs enfants ensemble jusqu'au bout.
La société française est donc devenue, en fait puis en droit, totalement libertaire, évolution toujours en cours comme l'atteste le mariage pour tous et la question de la GPA et de la PMA.
Cette évolution ne rencontre guère d'obstacle. Il n'y a que peu de résistance tant le mythe de personnes libres et consentantes qui se mettent en couple et rompent librement et sans tourments a supplanté celui de deux êtres s'aimant et restant ensemble jusqu'à leur mort.
Et justement, le mythe de "l'amour libre", comme tous les mythes, fini par s'écraser sur la réalité, celle qui consiste dans le fait que le plus souvent dans le cadre d'une rupture il y a une victime, celui ou celle qui ne veut pas rompre. Que c'est extrêmement rare quand les deux partenaires décident ensemble et au même moment de rompre. Non. Le plus souvent l'un décide et l'autre subit.
La société a tellement ancré cette évolution libertaire, cette nouvelle norme, qu'elle en a même fait un critère de sélection de ses dirigeants, de son dirigeant suprême, le Président de la République.
François Hollande, candidat à la Présidence de la République, ayant vécu avec Ségolène Royal en couple et ayant eu des enfants avec elle puis l'ayant quitté pour une autre elle même ayant des enfants de son côté est donc apparu comme normal pour les français. François Hollande en ayant même fait un slogan de campagne : le Président normal.
Seulement tout à chacun sait en réalité que ce n'est pas si simple que cela d'assumer cette liberté sentimentale. Que même si les personnes ne sont plus marié le fait de voir son conjoint coucher avec un ou une autre reste une trahison. Que les ruptures non désirées sont des souffrances que l'on porte en soit et que l'on doit extérioriser sous peine de sombrer dans la dépression et le dégout de l'autre.
C'est ce phénomène de douleurs dans la rupture que l'on retrouve dans tous ces conflits liés au partage de la maison ou au droit de visite des enfants ou la pension alimentaire. Banalité qui encombre les juges aux affaires familiaux et les cabinets ou centre de médiation familiale, la société vous obligeant à accepter votre douleur au nom du respect et de la liberté des autres.
Oui mais ce qui est banal touche aussi les 'élites" comme tout à chacun. Vous avez beau appartenir à une classe sociale supérieure vous n'en restez pas moins homme ou femme avec ses sentiments et ses souffrances.
Aussi personne ne peut être surpris ou gêné d'apprendre que Valérie Trierweiller s'est sentie trahir et bafouée lorsqu'elle a apprise la liaison entre François Hollande et une actrice de second rang. C'est une souffrance normale et logique. Une douleur banale que tout à chacun connait et que l'on vous oblige à taire et à surmonter.
Oui mais ce n'est pas si simple. Pour beaucoup il est impossible de faire comme si de rien avait eu lieu et vivre avec cette souffrance. Alors du harcélement téléphonique en passant par la diffusion de photos sur internet et les tracasseries judiciaires tout est bon pour faire payer ) l'autre sa trahison, le faire souffrir comme il nous fait souffrir.
Valérie Trierweiller n'échappe pas à la réalité. Fortune ou assis sociale ne change pas la donne. C'est comme la maladie et la mort, la déception amoureuse est universelle.
Aussi son livre où elle raconte son histoire avec François Hollande est normal. Il est logique. On peut même dire qu'il est d'une banalité confondante dans le cadre de la société libertaire que nous avons construite aujourd'hui.
Seulement voilà avec ce livre on découvre que la vie de libertaire et le déballage des frasques amoureuses peuvent être gênantes quand on parle du Chef de l'Etat, du Président de la République. Celui qui passe son temps à guerroyer sur tous les fronts et doit faire face à l'invasion des islamistes et l'opposition de la Russie au totalitarisme de l'union européenne.
A celui qui peut déclencher un holocauste nucléaire car il en a le pouvoir.
Et bien oui c'est cela la réalité. Une société non pas renforcée mais en réalité fragilisée par son passage du mythe du couple éternel à celui du libertinage libre et sans conséquences. Une société qui, quand reviendra à l'Assemblée Nationale la loi sur la famille, devra penser que le les enfants du prochain ou de la prochaine Président(e) de la République pourront être liés à un(e) étranger(e), un(e) inconnu(e), par un mandat d'éducation quotidienne. Qu'il ou elle devra avoir l'accord de son ex. pour changer de domicile !
Et bien entendu ce qui est valable pour le Chef de l'Etat l'est pour l'ensemble des ministres et membres du gouvernement et les parlementaires.
Comme le démontre le procès en cours en reconnaissance de paternité de Rachida DATI contre Dominique Desseigne au sujet de sa fille Zohra, les règles du jeu de la société libertaire et de l'amour libre concerne tout le monde et à tout les nivaux. Si demain Nicolas Sarkozy se fait ré élire et divorce de Carla Bruni il ne pourra pas déménager sans l'accord de Carla Bruni ? Ce n'est pas de la fiction. C'est la rélaité d'aujourd'hui.
Il faut donc assumer ce que l'on vote, mesdames et messieurs les politiques, l'assumer jusqu'au bout et au plus haut sommet de l'Etat.