François Hollande est lucide et il a bien compris qu'il s'était fait piégé et qu'il avait déjà perdu. Ainsi quand il dit qu'il espère que les résultats viendront avant 2017 il a bien conscience qu'ils ne seront pas là et qu'il a perdu le pouvoir piégè à la fois par le patronat et par la commission européenne.
Par le patronat d'abord et avant tout. En effet depuis le vote des textes inscrivant dans les faits les exonérations de charges en faveur des entreprises tant le MEDEF que la CGPME ne cessent de dire que pour finir cela ne génèrera aucune embauche. Que cela va permettre aux entreprises de refaire leurs marges et leurs trésoreries et, d'ici deux ou trois ans, donc après 2017, si tout va bien d'investir et peut être embaucher. Qu'avant rien n'est possible sauf si le législateur accepte : de supprimer des jours fériés, la durée légale du travail, le SMIC et le CDI ce qui est impossible à faire voter par des députés socialistes même les 269 fraudeurs.
Aussi François Hollande est coincé et sait maintenant que le patronat va se faire une joie de le laisser patauger pour faire élire la droite qui elle est prête pour faire adopter ces mesures.
Par la Commission Européenne ensuite. François Hollande a beau dire qu'il ne veut pas faire plus de 50 milliards d'euros d'économie d'ici 2017 il sait très bien que ce n'est pas vrai. C'est même exactement l'inverse. S'il veut négocier un délai pour le déficit ce sera au prix d'économies supplémentaires dans le but de donner des gages à la Commission Européenne. Et bien entendu le plus gros des économies devront être faites en 2016 et 2017.
Mais les français ne peuvent pas attendre 2017 surtout qu'il n'y a que peu de chances que la situation s'améliore même en 2017. Ni les français ni les comptes publics qui sont plus que dans le rouge et qui vont gravement dévisser notamment l'assurance chômage plombée par tous ces demandeurs d'emplois auteurs de départs volontaires individuels ou collectifs dans le cadre d'accords dit de compétitivité ou de sauvegarde de l'emploi. Même le report d'indemnisation de 6 mois pour les bénéficiaires de ses plans ne suffira pas à éviter la faillite d'un système dans lequel les bénéficiaires de ses plans n'ont aucun intérêt à retrouver du travail bien au contraire.
Donc il a perdu. Il le sait. Il s'attendait même à ce que le gouvernement n'obtienne pas la confiance pour pouvoir dissoudre et laisser l'UMP faire la sale boulot pour se représenter tout beau et tout neuf en 2017.
Oui mais il a oublié que les députés socialistes sont un peu "con" et très attaché à leur titre et leurs avantages. Qu'ils n'ont pas eux compris qu'ils avaient perdus et qu'ils ne voient pas les quenelles que leur adresse tous les jours le patronat leur signifiant ainsi que pour les embauches ils peuvent toujours attendre.
François Hollande va donc jouer à la guerre en attendant le coup de grâce, et ce sous la pluie, pluie qui l'accompagne depuis son élection et que ne cessera qu'avec son départ. Pathétique et triste, l'image du looser total qui a compris, trop tard, qu'il s'était fait avoir en beauté et qu'il allait devoir boire le calice jusqu'à la lie.
C'est pas facile d'être à la fois lucide et vaincu.
