Pôle Emploi vient donc de rendre public le résultat du contrôle renforcé des demandeurs d'emploi fait sur Toulon et Manosque et il est édifiant : 20 % des demandeurs d'emploi (soit 1 sur 5) ne recherche pas activement un emploi.
Résultat édifiant dans le mesure où il mets en cause l'action même de Pôle Emploi et embarrasse fortement le gouvernement.
D'abord la remise en cause de Pôle Emploi est évidente et d'ailleurs souligné par François Rebsamen lui même. Qu'il y ait autant de demandeurs d'emploi qui ne recherchent pas activement un emploi non détecté c'est la preuve que le suivi mensuel voir renforcé est inopérant. C'est un constat d'échec pour Pôle Emploi.
Ensuite le plus grave pour le gouvernement c'est de savoir ce qu'on fait avec ces 682660 personnes ( soit 20 % du nombre total de demandeurs d'emplois de catégorie A inscrit à Pôle Emploi au mois d'août 2014) dans la mesure où Pôle Emploi n'a rien a leur proposer.
Le Ministre lui même suite à l'annonce par Pôle Emploi de la généralisation de ces contrôles à tout le pays a commencé à freiner en déclarant qu'il allait d'abord falloir chercher pourquoi des demandeurs d'emploi ne recherchent pas activement d'emploi, "Il peut y avoir la maladie, il peut y avoir des raisons familiales, il peut y en avoir qui sont démoralisés, découragés (...) il y a sûrement des tas de raisons et cette expérimentation doit le montrer".
Et là on sait déjà qu'il ne va pas être déçu du résultat l'enquête montrant d'ailleurs que c'est principalement par découragement que nombre de demandeurs d'emploi renoncent à chercher. Autrement dit que les employeurs potentiels les ont massivement rejetés et qu'ils n'en peuvent plus d'être humiliés et rabaissés par des employeurs potentiels qui ne répondent même pas à leur candidature et des conseillers de Pôle Emploi qui leur répète qu'ils ne peuvent rien pour eux à part leur proposer une formation non rémunérée qui ne leur garantie nullement d'être recrutée à l'issue.
Et que va donc faire le gouvernement avec ces 682660 personnes ? Les radier pour qu'ils viennent grossir les rangs des titulaires du RSA puis des pauvres et exclus car il n'y a pas plus de solution au RSA que chez Pôle Emploi ?
Car actuellement Pôle Emploi n'a rien à proposer à toutes ces personnes si ce n'est de les menacer pour qu'ils reprennent leur chemin de croix d'une recherche d'emploi sans issue les accompagnant dans la dépression et la mort sociale qui les attend inexorablement avec la fin de leur droit à indemnisation.
Pas d'autres solutions car on n'a peu d'espoir que le ministère et donc le gouvernement et François Hollande comprennent réellement la solution et prennent de vrais solutions comme:
- le doublement des contrats aidés en faveur des demandeurs d'emploi de longue durée et non leur baisse comme c'est actuellement prévue dans la loi de finances;
- réserver les exonérations de charges aux seules entreprises qui recrutent;
- accorder une exonération de charges supplémentaires et le versement d'une prime à l'entreprise qui confie son recrutement à Pôle Emploi, autrement dit qui est obligé de recruter la personne qui lui est adressée par Pôle Emploi.
Ce dernier point est le plus important car il permet :
- de donner une chance aux demandeurs d'emplois qui ne parviennent pas à trouver par eux même sur une longue durée (plus de 6 mois) et d'éviter qu'ils renoncent;
- de donner à Pôle Emploi justement une véritable possibilité de proposer un travail aux demandeurs d'emploi et donc de radier celui qui, par exemple, aura refusé 3 offres de travail correspondant à son niveau d'étude ou de qualification dans un secteur géographique de 50 km (conditions pouvant être étendue pour des postes à rémunération confortable notamment en ce qui concerne le secteur géographique);
- de répondre aux secteurs d'activité et entreprises qui se plaignent de ne pas trouver de candidats (les fameux centaines de milliers de postes non pourvus) qu'ils ont cette possibilité de confier leur recrutement à Pôle Emploi tout en bénéficiant d'exonération de charges et de primes à l'embauche (avec possibilité d'une période d'essai allongée à 6 mois dans le cas de las signature de CDI).
Bienvenue dans la réalité Mr Rebsamen. La réalité de ces "bras cassés' de ces "sans dents" qui n'ont plus d'espoir et qui ne font que survivre en attendant la prochaine étape, celle de l'exclusion sociale définitive.