L'INSEE vient donc de publier le chiffre de la croissance pour la France au 3ème trimestre 2014 et il est supérieur aux attentes (+ 0,3 %) ce qui devrait être synonyme de bonne nouvelle et rendre incompréhensible les perspectives négatives pour 2015 annoncées par Pierre Gattaz et le gouverneur de la Banque de France.
Seulement quelques minutes après ce chiffre de la croissance l'INSEE a rendu public un autre chiffre, celui de l'emploi dans le secteur marchand pour ce même 3ème trimestre, et ce chiffre est en baisse de 0,2 % . Soit 34100 postes détruits dans le privé.
Donc, si on en croit l'INSEE, la production de biens et de services en France a augmenté (+ 0,5 %) au 3ème trimestre 2014 tout en supprimant des postes (- 0,2 %) pendant cette même période.
On assiste donc bien à l'apparition d'une croissance basée uniquement sur la baisse des charges, du pétrole et de l'euro et destructrice en matière d'emploi.
Les entreprises ont reconstitué leurs stocks en détruisant des emplois preuve qu'elles investissent de plus en plus dans le matériel et la robotique et non dans l'emploi salarié même intérimaire !
Plus grave encore l'INSEE relève que l'investissement, tant privé que public, est encore en baisse en ce 3ème trimestre 2014. Que la consommation intérieure se maintien grâce à la dépense publique, donc le cout de fonctionnement des administrations et collectivités, qui a augmenté de 0,8 %. Ors par la réforme territoriale et les économies budgétaires l'Etat mène une politique visant à contraindre les administrations et collectivités à réduire leurs dépenses de fonctionnement donc leur consommation !
L'INSEE souligne encore que les importations ont repris leur augmentation à un rythme plus important que celui des exportations, exportations qui ne concernent que les produits pharmaceutiques et les produits pétroliers raffinés.
Ce chiffre de la croissance pour le 3ème trimestre 2014 est très loin d'être une bonne nouvelle pour l'économie. Au contraire. Il annonce le cycle qui s’amorce actuellement dans l'économie française à savoir celui d'une croissance de l'activité négative basée non sur des investissements mais sur des baisses de coûts de production en ce compris la suppression d'emplois salariés.
Le principal responsable de la survenance de ce cycle est l'Etat qui, par son pacte de responsabilité, a lui même amorcé et amplifié cette croissance par la baisse des coûts de production, baisse des coûts qui comprend, bien évidemment la suppression des emplois.
C'est bien pour cela que Pierre Gattaz, le gouverneur de la Banque de France, l'OCDE et le FMI clament haut et fort qu'il faut faciliter les licenciements en France pour, soit disant, inciter les entreprises à recruter des salariés plutôt que d'investir dans le matériel et la robotique.
Mais ce faisant ils se trompent. Les entreprises trouveront toujours une bonne raison pour investir dans le matériel et la robotique plutôt que dans l'humain. A un robot on ne paie pas de salaire et il n'a aucun droit. Donc l'investissement dans la robotique sera toujours plus rentable que dans le travail humain.
Avec le pacte de responsabilité le gouvernement Valls offre aux entreprises les moyens financiers pour augmenter leur activité et leur chiffre d'affaire en supprimant des postes pour ensuite investir dans le matériel et la robotique. Peut être qu'avec la matérialisation de cette réalité dans les chiffres de l'INSEE le gouvernement va prendre conscience qu'il fait fausse route et tenter d'éviter le "massacre" de l'emploi attendu pour 2015.