Le prétendu soulagement des socialistes d'avoir évité une déroute cache en réalité ce qui pouvait arriver de pire à François Hollande, à savoir une victoire de Nicolas Sarkozy.
D'ailleurs l'attaque hystérique de Manuel Valls contre Nicolas Sarkozy l'accusant de faute politique et de faute morale à propos du "ni socialiste ni front national" en dit long sur le piège dans lequel les socialistes sont tombés.
Le piège car dès hier soir Manuel Valls a appelé à voter UMP dans les plus de 524 cantons dans lesquels les candidats socialistes sont éliminés assurant le gain de nombreux conseils départementaux à l'UMP.
Oui car en mobilisant contre le Front National le parti socialiste espérait tirer profit de l'esprit du 11 janvier et mobiliser une gauche sensée être pétrifiée d'effroi à l'idée de voir le Front National devenir le premier parti de France.
Las. Cette stratégie a bien mobilisé une partie des français, mais des français qui ont préféré voter l'UMP que le parti socialiste de Manuel Valls.
Pour sauver ce qui peut l'être Manuel Valls n'a donc d'autres choix que d'appeler à l'unité de la gauche au second tour, gauche qu'il méprise et qu'il piétine comme avec l'utilisation de l'article 49-3 pour voter la loi Macron. Mais qu'espère Manuel Valls ? Que les électeurs Front de Gauche et divers gauche vont voter pour les candidats socialistes et donc pour la politique libérale du gouvernement qui reprendra dès lundi prochain ? Non surement pas.
D'ailleurs pas sur du tout que Manuel Valls soit encore Premier Ministre lundi prochain malgré les propos du chef de l''état avant le premier tour. En effet s'il se confirme dimanche que la stratégie de combat contre le seul Front National profite avant tout à l'UMP et Nicolas Sarkozy François Hollande va devoir mobiliser à gauche pour éviter qu'aucune des 13 régions ne soit gouvernée par la gauche en décembre 2015 et une élimination au 1er tour de l'élection présidentielle de 2017. Ors Manuel Valls est le plus mal placé pour rassembler la gauche surtout en maintenant l'application d'une politique libérale qui va seulement toucher l'électorat de base du parti socialiste (fonctionnaires territoriaux, hospitaliers, associations).
Oui car si le parti socialiste fait encore 20 % des voix, soit seulement 10 % des électeurs inscrits, c'est parce qu'il arrive encore à faire croire à certains que l'on peur relancer le secteur privé en l'exonérant du paiement des charges, tout en épargnant au maximum le secteur public et para public, ce qui est un mensonge comme l'atteste la purge que va connaitre le secteur hospitalier obligé de revenir sur les 35 heures et de supprimer des postes pour financer les exonérations de charges aux entreprises.
A ce titre la perte, dès le premier tour, du département du Nord par la gauche est significative. En effet le département du Nord est touché de plein fouet par la réforme territoriale qui supprime la région Nord Pas de Calais pour créer une région Nord pas de Calais Picardie que personne ne veut. La sanction électorale a été sans appel, même les "bobos" lillois ont sanctionné les socialistes pour cette trahison.
François Hollande n'est pas dupe. Il sait qu'il peut convaincre certains arrivistes sans états d'âmes chez les verts, les frondeurs voir front de gauche pour entrer au gouvernement, il sait qu'il ne pourra pas convaincre les électeurs de gauche de soutenir et voter pour une politique libérale, même si cette politique donne des résultats. Surtout si elle en donne. En effet chaque résultat obtenu grâce à une mesure libérale conforte l'UMP dans ses positions donc vis à vis des électeurs.
Rien que l'extension de l'ouverture des magasins le dimanche du fait de la loi Macron va ancrer l'électorat de gauche de ne plus voter socialiste et conforter les français à se précipiter vers ceux qui prônent une ouverture totale le dimanche.
On va savoir lundi prochain ce que va faire François Hollande sachant qu'il doit renouer avec l'électorat de gauche rapidement, avant les régionales du mois de décembre 2015, s'il ne veut pas que les 13 régions du pays soit gouverné par l'UMP et donc un grand chelem pour Nicolas Sarkozy !
Avec les seuls socialistes François Hollande ne devancera pas Marine le Pen au premier tour des élections de 2017. Il doit donc corriger sa stratégie visant à favoriser l'UMP et diaboliser le FN pour s'assurer un second tour contre Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui ce n'est plus la présence de Nicolas Sarkozy au second tour qui est en jeu en 2017 mais bien celle de François Hollande.