De "choucroute" incompréhensible même pour les plus grands constitutionnalistes de France, la loi Macron, ou plutôt le projet de loi Macron, va entrer dans le "guiness" book des lois bizarroïdes et incompréhensibles de la République en devenant une "bouillie infâme".
Pour résumé les épisodes précédents le projet de loi Macron est un texte que ne souhaite pas voir adopter la majorité des français et des députés siégeant à l'Assemblée Nationale. Pour contourner cette difficulté le Premier Ministre a donc décidé, à deux reprises, d'utiliser l'article 49-3 de la Constitution pour faire adopter ce texte sans vote alors que cet article n'autorise le gouvernement à faire usage de cette faculté qu'une seule fois par session.
Aujourd'hui le gouvernement va encore plus loin. En effet alors qu'il a fait adopter son texte à deux reprises par l'Assemblée Nationale par le biais du 49-3 voilà que la session parlementaire se termine sans que le texte ne soit définitivement adopté. Qu'à cela ne tienne le Président de la République convoque donc le Parlement en session extraordinaire notamment pour de nouveau faire adopter ce texte par l'Assemblée Nationale, ce qui constitue une violation manifeste et un détournement des règles constitutionnelles.
En effet le gouvernement va, au cours de cette session extraordinaire, faire de nouveau usage de l'article 49-3 de la Constitution pour l'adopter définitivement, soit une troisième utilisation de ce dispositif exceptionnel qui ne doit être utilisé qu'une fois pour un seul projet au cours d'une seul session parlementaire.
Il faut vraiment souhaiter que le conseil constitutionnel soit saisi par 60 députés ou sénateurs sur cette prétendue loi de la République car l'adoption de ce texte pléthorique et "fourre-tout" tourne à la farce, ou la tragédie, démocratique.