Pour ceux qui ont été surpris par l'avant projet de loi sur le travail de Hollande et Valls et qui espèrent obtenir un recul par la négociation voilà un exemple édifiant de la réalité d'aujourd'hui.
Comme chacun le sait en effet François Hollande a conditionné le fait d'être candidat à un second mandat à une baisse réelle et durable des chiffres du chômage. Il est donc prêt à tout pour parvenir à cette baisse.
Conscient que l'envoi en formation d'un grand nombre de demandeurs d'emploi ne suffira pas à convaincre les français, François Hollande a donc prévu, avec la complicité du MEDEF, de sacrifier un grand nombre de jeunes français sur l'autel de sa réélection.
Comment ? Tout simplement en incitant les entreprises de moins de 250 salariés à recruter des jeunes en 2016 tout en autorisant les entreprises à les licencier à tout moment sans motif pendant deux ans en leur versant à l'avance l'indemnité pour licenciement abusif à verser éventuellement au salarié.
En effet comme chacun le sait aujourd'hui et jusqu'au 31 décembre 2016 toute entreprise ou association de moins de 250 salariés qui embauche en CDI un salarié va toucher 500 euros par trimestre sur deux ans, donc 4.000 euros au titre d'aide à l'embauche. Ceci est issu d'un décret déjà en vigueur aujourd'hui.
Parallèlement dans l'avant projet de loi El Khomri il est prévu un plafonnement de l'indemnité de licenciement abusif pour un salarié de 2 ans d'ancienneté de 3 mois de salaire maximum soit moins que 4.000 euros. La somme versée au titre de l'aide à l'embauche. Somme à verser au salarié que si celui-ci conteste son licenciement et gagne aux Prud'hommes ce qui peut prendre pas mal de temps.
Donc par ses deux dispositifs François Hollande et Manuel Valls offre aux entreprises et aux associations de moins de 250 salariés une période d'essai de deux ans sur tous les salariés embauchés en 2016.
Et du côté du salarié ainsi recruté quel perspective, quelle certitude ? Aucune. Aucune parce que pendant deux ans le salarié doit tout faire, tout accepter (et même le pire) il doit avoir le nez dans le guidon s'il veut une chance d'être conservée au bout de deux ans. Une chance simplement puisque pouvant être licencié sans motif, sa qualité de travail, sa performance et son implication ne lui garantisse rien du tout.
S'il n'est pas gardé il n'a aucune garantie d'avoir une prise en charge au titre de l'assurance chômage tant quant à son montant qu'à sa durée. La convention d'assurance chômage étant renégocié tous les deux ans il n'a donc lui aucune garantie ni certitude. Pour ceux qui auront eu le malheur de bâtir leur vie pendant cette période (achat de maison, naissance d'un ou des enfants) ils devront faire face et devront tout recommencer à zéro sans aucune garantie de retrouver un emploi. S'ils retrouvent un emploi au SMIC ils seront de toute façon marqué comme "cas social" contraint de s'inscrire à la CAF pour toucher la prime d'activité. Pour les autres ce sera l'obligation de s'installer comme coiffeur ou plombier après une formation de deux mois dans un marché où il y aura plus de coiffeurs et de plombiers que de personnes à coiffer ou de plomberies à réparer. Pour finir par faire du bénévolat pour toucher le RSA.
C'est bien cela le plan mis au point par le couple Hollande - Valls pour permettre à Hollande de se représenter en 2017 à savoir offrir 2 ans de période d'essai à toutes les entreprises et associations de moins de 250 salariés et la précarité pour tous les recrutés à l'issue de ces deux années soit en 2018...