Alors que Manuel Valls confirme dans le JDD de ce jour qu'il est un sale type qui s'accrochera à son poste jusqu'au bout, la question qui se pose aujourd'hui est de savoir si les opposants à la loi El Khomri doivent exiger le retrait ou se contenter "d'améliorations" négociées avec le seul Manuel Valls.
Désolé pour les syndicats réformistes mais il est évident que le retrait est la seule position possible et ce pour un grand nombre de raisons.
1) On ne négocie pas sous la contrainte avec un état policier ayant tous les pouvoirs du fait de l'état d'urgence. On ne peut pas oublier que nous sommes toujours sous le régime de l'état d'urgence et que l'Etat peut ordonner des perquisitions chez les opposants à la loi et même en assigner à résidence. De même alors que tout le monde sait que la mobilisation du 9 mars 2016 va être un véritable test et que plus de 60 rassemblements sont prévus à ce jour il n'est pas possible de négocier une telle réforme que les préfets peuvent interdire l'ensemble des rassemblements sous couverts de sécurité.
2) Apporter des modifications simplement au niveau des "curseurs" n'a aucun intérêt. En effet on peut par exemple multiplier par 2, 5 ou 10 le plafond des indemnités de licenciements en cas de licenciement abusif cela ne servira à rien. Une fois le principe adoptée dans la loi il sera en effet possible au gouvernement par décret d'abaisser ces montants à sa guise. Donc cela ne sert absolument à rien.
3) Les modifications qui seront faites par Manuel Valls pourront être annulées par le Parlement. En effet ce projet de loi va faire l'objet d'un débat parlementaire où députés e sénateurs pourront, par amendement, modifier de nouveau le projet de loi et donc le remettre dans la forme où il était avant les prétendues "améliorations". Cela sera d'autant plus facile de le faire que les Républicains sont pour nombre des mesures devant être évincées du texte comme le plafonnement des indemnités de licenciement.
4) C'est une question de principe pour ses jeunes socialistes qui militent pour les 32 heures dès 2017. Oui ces jeunes que François Hollande a embarqué dans son "rêve" tout rose du mariage pour tous et qui croient donc aux valeurs de partage et de générosité alors que Manuel Valls et Emmanuel Macron veulent imposer l'individualisme et la dureté d'une société uberisée et sans état d'âme pour ceux qui sont différents.
5) C'est une question de survie pour le parti socialiste piégé par les Républicains sur le projet de la loi de la déchéance de nationalité. En effet tous ces jeunes socialistes et de gauche qui s'opposent à la loi El Khomri s'opposent également à l'extension de la déchéance de nationalité telle qu'elle est prévue dans le projet de loi de révision constitutionnelle soutenue par François Hollande et Manuel Valls. Ors le Sénat à majorité de droite à fort intelligemment renoncé à modifier le projet de loi voté par l'Assemblée Nationale pour obliger François Hollande à convoquer le Congrès pour faire adopter cette réforme. Donc à couper François Hollande de son électorat de base, cette jeunesse issue de la génération du mariage pour tous qui a porté François Hollande au pouvoir.
Si, à l'adoption de la loi sur l'extension de la nationalité François Hollande impose une réforme du droit du travail qui renonce à la philosophie du "progrès social" du droit du travail fondement du socialisme alors François Hollande ne pourra plus compter sur les jeunes pour voter pour lui. Les jeunes pouvant même aller jusqu'à voter pour Marine le Pen, la seule à ouvertement s'opposer à l'Europe, Europe fossoyeuse de l'idéal socialiste et donc de la génération Hollande.
Oui seul le retrait de la loi El Khomri est envisageable. Tout le reste n'a aucune valeur.