Contrairement aux apparences l'évènement hier n'était pas l'interview d'Emmanuel Macon mais les déclarations de Bruno Le Maire sur la modulation du montant de la cotisation à l'assurance-chômage des entreprises selon l'ancienneté de leurs salariés dans l'entreprise.
Le principe est simple. Une entreprise qui recrute des salariés en CDI et qui les garde ne coûte rien à l'assurance-chômage. Au contraire. D'où le fait, en contrepartie de cette stabilité, de leur faire payer une cotisation au titre de l'assurance-chômage plus faible que le taux normal pour l'encourager à continuer ainsi.
En revanche une entreprise qui recrute mais qui licencie ou qui a recours à des intérimaires ou des CDD coûte beaucoup à l'assurance-chômage. D'où le fait de lui faire payer une cotisation à l'assurance chômage qui pourra être le double ou le triple de celle payée par l'entreprise avec ses salariés en CDI et inamovibles.
Le but est de dissuader les entreprises de licencier comme elles veulent, ce qu'elles ont cru pouvoir faire avec la légalisation du licenciement sans motif. Mais c'est faux. Une entreprise qui va licencier, avec ou sans motif d'ailleurs, va être sanctionnée par le biais du paiement d'une cotisation à l'assurance-chômage plus forte que celle à payer sans licenciements. Et là on est d'accord. Là on dit oui.
Non seulement le but est d'obliger les entreprises à garder leurs salariés même quand ils ne sont plus au top mais en plus il s'agit de la mettre bien profond à tous ceux qui s'amusent à faire des plans de départs volontaires pour accroitre leur compétitivité en pensant que cela n'aura pas de conséquences négatives pour eux !
Ceux qui vont le sentir le plus ce sont toutes ses TPE et PME qui ont recruté et qui recrutent actuellement sur la base du CICE et de l'assurance de pouvoir licencier à tout moment grâce au plafonnement des indemnités de licenciement. Ils vont se retrouver avec un effectif pléthorique et invirables sous peine d'augmentation des cotisations à l'assurance chômage pour ceux qui restents plombant d'autant leur compétitivité.
C'est du génie. Si on ajoute la participation et l'intéressement aux résultats qui, comme les mutuelles, vont être rendus obligatoire dès le premier salarié, ce sont bien tous ces prétentieux de la CGPME et de leurs adhérents qui vont se la prendre bien profond et qui vont avoir l'air con avec leurs cotisations modulables et l'obligation de verser de la participation à leur salarié avec toutes les obligations administratives et comptables que cela nécessite.
Alors oui là on peut dire vive Macron, vive Jupiter qui est train de se taper l'ensemble des TPE et PME de France par derrière et sans vaseline !