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Edito :

" Politique pénitentiaire : un échec cuisant."

Au moment même où la Garde des Sceaux tente d'éviter un blocage total des prisons à compter du mois de novembre, force est de constater que l'administration pénitentiaire se trouve dans une impasse en raison des décisions prises par le gouvernement depuis l'élection de Nicolas Sarkozy.

En effet, le Président de la république c'est fait élire en grande partir sur la promesse d'une politique pénale plus sévère, notamment en matière d'emprisonnement, alors que le pays connaissait déjà un problème récurent de surpopulation carcérale.

Cette politique de fermeté c'est d'abord traduite par la décision unilatérale et régalienne du chef de l'Etat de ne pas faire adopter une loi d'amnistie à l'occasion de son élection et de renoncer aux grâces accordées traditionnellement les 14 juillet.

A cette décision est venu s'adjoindre la loi sur la récidive, contraignant les magistrats à condamner les auteurs d'infraction en état de récidive à des peines de prison ferme. Puis, la volonté d'enfermer les mineurs délinquants dans des centres fermés et celle de garder enfermer les délinquants et criminels sexuels dans des centres de rétention ont parachevé l'action du chef de l'Etat et du gouvernement dans le domaine pénitentiaire.

Pour éviter que cette politique n'aboutisse à une impasse il était nécessaire d'engager un plan de construction de prisons très important et très onéreux. Or, la politique de réduction des dépenses adoptées par le gouvernement, le passage d'une économie en croissance à une économie en récession ainsi que la crise financière interdisent une quelconque réponse possible en terme de construction de places de prison.

Le résultat de cette politique ne se mesure plus en terme d'argent mais en terme de vie humaine; Ainsi, avec le suicide intervenue cette nuit à la prison de Loos, c'est 90 détenus qui ce sont « suicidés » dans les prisons françaises, avec comme seul recours, pour les familles, que de demander un dédommagement devant le Tribunal Administratif et la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui vient de condamner à l'unanimité de ses membres la France pour le caractère indécent des conditions carcérales en France.

Face à cette hécatombe, les personnels pénitentiaires ne cesse de tirer la sonnette d'alarme mais leur seul interlocuteur est une Garde des Sceaux responsable de la politique d'emprisonnement massif voulu par le Président de la République et ne disposant d'aucuns moyens financiers pour changer rapidement les choses.

Aussi, pour remédier à ce fléau, l'Etat n' a pas d'autre solution que de programmer un nombre important et inégalé de sortie de prison par le bais du bracelet électronique et de la future loi pénitentiaire. Il va falloir libérer beaucoup plus de prévenus et de détenus que si l'on avait poursuivie la politique de grâce et d'amnistie et éviter de contraindre les magistrats à condamner des détenus récidivistes à la prison ferme.

La politique pénitentiaire menée sous l'égide du Président de la République est un échec retentissant, puisqu'elle oblige le gouvernement à se désavouer et le contraint à faire un revirement à 180° de sa politique qui va passer du « tout prison » au « tout bracelet électronique » au mépris d'une quelconque réflexion sur l'efficacité d'un tel changement sur la prévention tant des primo crimes et délits que de la récidive.
 

 

( Par gabdel le 26/10/2008 )

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