Edito : |
" Plan d'aide à l'automobile : on ne prête qu'aux riches."
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Après les banques, dont la plupart ont annoncé des bénéfices pour l'année 2008, le gouvernement intervient pour prêter de l'argent aux deux constructeurs automobiles Renault et Peugeot.
L'aide versée aux banques est justifiée, selon le gouvernement, par le fait que les banques doivent absolument continuer à prêter de l'argent aux entreprises pour éviter que celles-ci ne ferment faute de liquidités.
L'aide versée aux constructeurs automobiles est cette fois ci justifié par le refus des banques de leur prêter de l'argent et donc de les contraindre de fermer des usines et de licencier leur personnel. L'argent prêté devant servir à investir dans la fabrication de nouveaux modèles vers lesquels les consommateurs vont se précipiter malgré la baisse significative de leur pouvoir d'achat depuis plusieurs années.
En clair, l'Etat prête aux banques pour qu'elles prêtent aux entreprises et il prête aux entreprises parce que les banques refusent de le faire.
La question qui se pose est alors la suivante : quelles garanties l'Etat prend pour s'assurer que l'argent ainsi prêté soit bien utilisé pour l'investissement et la préservation de l'emploi ?
Aucune et cette politique est un échec par le fait même que l'Etat doive aider le secteur économique. En effet, l'argent et les garanties débloquées par l'Etat pour les banques devaient permettre les prêts aux entreprises;.Or les banques, porteuses de bénéfices en 2008, renoncent à utiliser la deuxième tranche d'aides proposées par l'Etat pour ne pas être obligées de faire les prêts qu'elles ne veulent plus faire aux industries.
De ce fait et pour éviter une brutale « faillite » collective de l'industrie l'Etat prête de l'argent aux industriels au-travers de la filière automobile en contrepartie de l'engagement verbal et virtuel de ne pas fermer de sites ni de procéder à des licenciements.
Ce qui est grave c'est que comme pour les banques l'Etat va être déçu par les industriels qui ne vont pas jouer le jeu. Certes officiellement ils ne vont pas fermer de sites ou procéder à des licenciements mais en réalité et comme le fait Arcelor-Mittal actuellement ils vont procéder à des départs volontaires récemment légalisés et procéder aux investissements nouveaux dans des pays à bas cout dans le but de survivre dans la crise.
C'est ainsi que PSA (Peugeot) vient d'annoncer qu'elle mettait en oeuvre un plan de départs volontaires pour 11.000 salariés en Europe dont 1.215 en France.
Combien de temps va-t-il falloir pour que nos dirigeants comprennent que la crise économique actuelle est une crise de système, celle de la mondialisation et du libéralisme international, qui ne pourra être résolue sans la mise en place d'un secteur public de l'économie venant compléter le secteur privé.
La politique systématique de privatisation débutée en 1986 au nom de la mondialisation et du libéralisme doit être remise en cause si l'on veut pouvoir sortir de la crise actuelle. Comme le démontre l'attitude des banques et maintenant celle des constructeurs automobiles toute aide donnée sans mise un place d'un secteur public concurrent (par la nationalisation d'un des deux groupes) sera sans effet, les entreprises ne songeant qu'à se sauver et non à sauver un pays ou une économie.
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( Par gabdel le 11/02/2009
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