Edito : |
" Economie et social : des salariés socialement inutiles et des chefs d'entreprises sous le seuil de pauvreté :"
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Pour continuer le bilan souhaité par Nicolas Sarkozy avant les élections régionales le fiasco en matière économique et sociale est total et va durablement affecter la société française par un accroissement sans précédent de la pauvreté et de la précarité.
Pour comprendre cet échec et contourner l'argument selon lequel l'augmentation du chômage et de la précarité serait le fait de la crise et non de la politique économique menée par l'UMP depuis plus de 7 ans il faut regarder les mesures phares, les réformes de la politique UMP que sont les éxonérations de charges sociales et la création du statut auto-entrepreneur.
L'exonération des charges sociales est la base de la politique économique de l'UMP qui, faute d'une véritable vision et ambition pour l'économie, a décidé d'aligner les cotisations sociales versées par les entreprises au niveau des pays les plus pauvres de monde. Ainsi, on en est arrivé à l'exonération totale des charges pour les personnes recrutées dans les entreprises de moins de 10 salariés, soit un niveau de charges réellement équivalent aux pays les plus pauvres du monde.
Le résultat de cette politique d'exonération de charges est un échec total comme l'atteste l'augmentation du chômage et surtout le développement de la précarité et des temps partiels . Le ridicule de cette politique vient d'être d'ailleurs mis en avant par l'Agence Centrale Des Organismes de Sécurité Sociale qui constate que le montant des exonérations de charges sociales accordées pour 2008 est exactement le même que celui attendu pour le déficit de la sécurité sociale en 2010 soit 30,7 milliards d'euros.
Cette politique d'exonérations de charges repose sur le fait que l'UMP est persuadée que nos entreprises ne sont pas compétitives en raison des charges sociales trop fortes et que cela les empêche d'exporter leurs biens et produits. Or, depuis plus de 7 ans que cette politique est menée la balance commerciale de la France est toujours déficitaire atteignant près de 44 milliards d'euros sur les 12 derniers mois.
Ainsi l'UMP a créé la catégorie des salariés socialement inutiles, c'est-à-dire des salariés qui cotisent moins ou pas du tout mais qui contribuent autant que les non salariés à l'augmentation des déficits.
Bien mieux, les auto-entrepreneurs, mesure phare de l'UMP, sont socialement inutiles et majoritairement en dessous du seuil de pauvreté.
Grande invention de l'UMP, le statut auto-entrepreneur avait pour but de libérer la création d'entreprise en France en limitant le paiement des charges sociales et surtout en ne fixant celles-ci que sur les sommes réellement encaissées par les entrepreneurs et non en fonction de forfaits ou de pourcentage du chiffre d'affaire.
Plus d'un an après sa mise en application le constat est sans appel : plus de 40 % des auto-entrepreneurs n'ont pas d'activité rentable, le revenu moyen étant de 740 euros soit moins que le montant du SMIC. Concrètement cela signifie que la majorité des auto-entrepreneurs gagnent moins que le SMIC et même sont sous le seuil de pauvreté représentant la nouvelle classe sociale créée par l'UMP : le chef d'entreprise pauvre.
Bien entendu l'UMP ne souhaite pas se contenter de ce résultat puisque le Premier Ministre a annoncé qu'il souhaitait donner la possibilité aux mineurs de 16 ans de faire du commerce et de créer leurentreprise, sacrifiant ainsi la culture et l'éducation au profit d'une vie de semi-esclavage, devant travailler jour et nuit, week-end et vacances comprises et même malade pour gagner moins d'argent qu'un salarié au SMIC ou même un salarié à temps partiel bénéficiant du RSA.
Cette réalité de l'échec de la politique économique et sociale de l'UMP doit interpeller les électeurs sur ce qu'ils souhaitent pour leurs enfants : souhaitent-ils que par le biais d'un retour en arrière de plus de 70 ans leurs enfants soient contraints de travailler dès l'âge de 16 ans (voir 14 ans pour le contrat de professionnalisation) même en arrêt maladie et jusqu'à la fin de leurs jours pour gagner moins que le SMIC ou souhaitent-ils voter pour ceux qui se battent pour que nos enfants puissent avoir une vie professionnelle équilibrée ne sacrifiant ni l'éducation, la culture et l'histoire aux profits et permettant à la société de continuer à prospérer dans le progrès social et non dans la régression économique et sociale ?
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( Par gabdel le 21/12/2009
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