Edito : |
" « Politiquement justifié mais juridiquement contesté » :"
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Finalement j'adore l'UMP dans la mesure où il s'agit du parti politique le plus bête du monde avec un gouvernement d'une telle incompétence que l'on regrette presque d'être si proche de 2012.
Ainsi les propos de Brice Hortefeux au sujet du compagnon de la jeune femme verbalisée pour conduite sous l'emprise de la burqa sont un modèle du genre, révélant la réalité de nos gouvernants d'aujourd'hui, tant sur la forme que sur le fond.
En ce qui concerne la forme :
Tout d'abord il faut signaler que ces propos et cette demande de la part de celui qui est officiellement Ministre de l'Intérieur démontrent un manque de sens de l'Etat et de l'intérêt général flagrant. En effet ce n'est pas au Ministre de l'Intérieur de s'en prendre personnellement à un homme parce qu'il le soupçonne de faits délictueux. C'est de la compétence de la police, du Procureur de la République ou du Préfet, mais pas du Ministre de l'Intérieur qui doit s'occuper de l'intérêt général et pas des cas particuliers. Mais il faut dire qu'avec un Président de la République qui agit comme un premier ministre ou un ministre, un ministre qui souhaite exister politiquement n'a d'autre choix que d'agir comme un préfet.
Ensuite, les propos tenus et les faits démontrent une incompétence que nul ne pouvait soupçonner de la part d'un ministre de la République. En effet Brice Hortefeux souhaite que soit déchu de sa nationalité française un homme soupçonné de polygamie et de fraudes aux allocations familiales et déclenche une demande officielle en ce sens, en oubliant simplement que cela est juridiquement impossible. On ne déchoit pas de sa nationalité un homme pour polygamie ou fraude aux allocations, cela n'est pas prévu dans les textes. Cette impossibilité a d'ailleurs conduit Eric Besson a travailler tout le week-end pour peaufiner sa langue de bois et déterminer comment exprimer le fait que c'était bien juridiquement impossible en évitant de faire comprendre que Brice Hortefeux était incompétent.
Après tout un week-end de travail Eric Besson a trouvé la réponse suivante : Brice Hortefeux a raison politiquement de dénoncer les faits, mais juridiquement la possibilité de déchoir de la nationalité est contestable et mérite une évolution législative. Dire une grosse connerie en matière juridique pour un ministre c'est donc énoncer « une vérité politique juridiquement contestable et nécessitant une évolution législative ».
Quel travail, qu'elle richesse dans la recherche des termes, on crie au génie de la sémantique avant de s'effondrer quand on pense au fond de l'affaire.
En ce qui concerne le fond
Tout d'abord en ce ce qui concerne la polygamie il convient de rappeler qu'en France la polygamie n'est nullement prohibée de façon générale depuis 1975 (abolition du délit d'adultère) et même légalisée par la reconnaissance du concubinage en 1999. En effet, la polygamie qui consiste à vivre avec plusieurs femmes (ou hommes ou une combinaison mixte) est totalement possible et légale à la seule condition de ne pas épouser (ou se pacser) en Mairie et en France vos concubines (ou concubins et concubines selon les goûts) en même temps.
En France, depuis la reconnaissance du concubinage on a le droit de vivre maritalement avec plusieurs personnes, on a le droit d'être marié et de vivre avec une autre personne, bref la polygamie est légale. La seule interdiction qui existe est celle relative au fait qu'il est interdit d'avoir plusieurs épouses (ou partenaires de pacs) en même temps. Mais il n'est nullement interdit d'avoir une épouse ou un partenaire pacsé et de vivre en même temps avec d'autres femmes ou d'autres hommes en concubinage (encore une fois selon les goûts de chacun).
Ainsi, si le « mari » de la la femme verbalisée n'a qu'un mariage officiel et reconnu en France, il n'est pas polygame même s'il vit avec 4 femmes en même temps et 12 enfants. Si la France souhaite donc faire de la polygamie dans sa globalité une cause de déchéance de la nationalité elle doit d'abord en faire une interdiction totale dans notre pays, ce qui va à l'encontre de l'évolution législative de libéralisation des mœurs qui a cours dans notre pays depuis 1975.
Ensuite en ce qui concerne la fraude éventuelle aux allocations où sont passés les contrôleurs ? La France sous le régime de l'UMP, c'est la réduction des effectifs dans la fonction publique et dans les services sociaux. Ainsi les Caisses d'Allocations Familiales ne font pas exception à la règle et, à l'instar de la réforme de la carte judiciaire, sont regroupées et bon nombre d'entre elles supprimées.
Alors qui va faire les contrôles puisque l'UMP supprime les postes de contrôleurs pour financer les exonérations de charges et le bouclier fiscal ?
Ainsi si le gouvernement UMP souhaite réellement priver de leurs droits les fraudeurs il faut qu'il recrute des contrôleurs au lieu de ne pas remplacer les postes des contrôleurs partant en retraite.
En conclusion le débat lancé par Brice Hortefeux n'est nullement une diversion ou un écran de fumée bien au contraire. Alors que Xavier Bertrand fait sa tournée en France pour parler des retraites (dernière représentation en date à Marcq en Baroeul avec demi-tarif pour les militaires et les étudiants et un ballon gonflable pour les enfants) et que les chiffres de l'économie et de l'emploi commencent à s'améliorer ce n'est pas l'intérêt de l'UMP de faire diversion.
Non cette polémique provient du phantasme « auvergnat » de Brice Hortefeux qui imagine le français modèle comme un homme ou une femme vivant avec un ou une seule femme, allant aux putes de temps en temps, avec deux enfant plus ceux de son ou sa conjointe comme un footballeur de l'équipe de France, un conducteur d'une renault grand scénic ou un président de la République par exemple.
Mais la réalité est toute autre et si Brice Hortefeux souhaite changer les choses qu'il créé le parti « auvergnat » avec un slogan simple : le bon français c'est le français qui « achète un coq, porte un béret et soutien la France … « (François le Français).
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( Par gabdel le 26/04/2010
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