Edito : |
" Attention à la désespérance :"
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Le fait marquant du résultat des élections du premier tour des Présidentielles est le score élevé du Front National et celui du Front de gauche. Cumulé ce vote culmine à 29 % des voix. Pourquoi des électeurs se tournent ainsi vers ses votes dit extrême ? Parce qu'ils ne croient plus dans les partis de gouvernement qui dirigent la France et l'Europe depuis tant d'années. Ils n'ont plus d'espoir dans l'avenir immédiat, ils sont dans la désespérance.
Désespérance vis-à-vis de l'emploi qui se dégrade et du pouvoir d'achat qui s'effondre. La plupart de ces électeurs et électrices sont des ouvriers, employés ou indépendants qui ont peur pour leur emploi et qui ne voient pas comment ils vont s'en sortir dans l'avenir. Ils sont victimes ou craignent d'être les victimes de la rigueur et de la crise provoquées par le système financier et les Etats.
Les candidats en lice pour le second tour doivent donc faire face à cette désespérance et sont très attendu sur leurs propositions et leurs actions en faveur de l'emploi et contre les destructions d'emploi. En effet, au contraire de ce que l'on peut dire ou écrie le vote n'est pas dicté par des motifs de valeurs ou de principes mais bel et bien par la peur de la perte d'emploi et du chômage. L'ouvrier ou l'employé qui se lève tôt pour travailler n'en a rien à faire de la légalisation du mariage gay ou de l'euthanasie. Son problème c'est de garder son travail, de ne pas être une victime des plans sociaux qui se multiplient comme celui de Carrefour qui a déjà commencé à supprimer plus de 3000 postes sans même attendre le mois de juin et l'arrivée de son nouveau PDG. De même ce qui préoccupe l'artisan ou le commerçant ou l'indépendant c'est d'avoir des clients. Des clients qui payent leurs prestations. La place de la France dans le commandement intégré de l'OTAN est le cadet de leurs soucis.
Mercredi on va savoir plus précisément ce que propose les candidats en lice face donc à ces plans sociaux et ces destructions d'emplois. Si Nicolas Sarkozy confirme qu'il veut maintenir la destruction des emplois publics (fonctionnaires d'Etat) et engager un programme de destruction des emplois dans les fonctions publiques territoriales et hospitalière alors on va renforcer la désespérance. Si François Hollande n'annonce pas une loi renforçant l'obligation de reclassement dans les grands groupes qui licencient alors on va augmenter la désespérance. Mais attention pas une colère ou une manifestation de détresse se traduisant par une grève ou un mouvement social. Non une vraie désespérance froide, muette, intériorisée s'exprimant alors par un refus, un refus de ce système qui rejette et exclut au lieu de faire vivre. Une désespérance s'exprimant par un non à l'Europe et un vote se portant vers les extrêmes.
la France n'est pas l'Espagne et n'acceptera pas un taux de chômage de 20 %. Juste après les présidentielles il y a les élections législatives et la désespérance, si elle n'est pas jugulée, peut encore voir progresser le vote vers les extrêmes, vers ceux qui promettent de changer le système...
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( Par gabdel le 28/04/2012
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