Edito : |
" Nouvelle hausse du chômage : l'erreur tragique des gouvernements et anlystes :"
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Le nombre de demandeurs d'emplois a encore augmenté et le mouvement ne risque pas de s'inverser tant l'analyse sur ce phénomène est consternante.
Pour s'en convaincre il suffit de prendre l'article publié par Le Figaro.fr et intitulé : "les sept plaies du chômage dans l'Hexagone" : www.lefigaro.fr/emploi/2012/09/26/09005-20120926ARTFIG00448-les-sept-plaies-du-chomage-dans-l-hexagone.php.
Pour Le Figaro donc le chômage en France a 7 causes principales :
1) Une démographie défavorable à l'emploi :
Pour Le Figaro c'est simple. En France on fait trop d'enfants qui, une fois adultes, entrent sur le marché du travail et grossissent ainsi le nombre de demandeurs d'emplois. Pour s'en convaincre l'article précise qu'en France chaque année 150.000 jeunes entent sur le marché du travail en France contre 100.000 en Allemagne. Ce constat est ridicule et totalement dénué de sens. En effet parmi les jeunes qui entrent sur le marché du travail il y en a qui créent des entreprises ou deviennent commerçants ou professions libérales. Donc qui créent des emplois pour eux mais aussi pour les autres. On ne peut pas, comme le fait cet article, faire un lien direct entre le nombre de jeunes adultes et le nombre de demandeurs d'emplois. C'est totalement ridicule pour un journal qui se prétend être libéral et croire en l'initiative et l'entreprise.
Heureusement d'ailleurs que ce constat est faux et relève du fantasme car s'il était vrai qu'elles solutions pour dissuader les français de faire des enfants ? Supprimer les allocations familiales, autoriser l'avortement sans aucune limitation de durée de grossesse, dépénaliser l'infanticide, rendre obligatoire la contraception dès l'âge de 14 ans, instaurer la règle de l'enfant unique comme en Chine, inciter financièrement les personnes à se faire stériliser ?
Ainsi il est faux et inutile de faire un lien entre la démographie et le chômage. Cela n'a pas de sens et ne mène à rien.
2) Un coût du travail élevé :
C'est le "leitmotiv" de la droite et de l'UMP depuis plusieurs années : si les entreprises n'embauchent pas c'est parce que le coût du travail est plus cher que dans les autres pays. Il faut donc baisser le coût du travail pour permettre des embauches.
Là aussi on est dans le consternant le plus total. Comme chacun le sait en effet le problème de chômage de masse ne date pas d'hier. D'ailleurs on précise bien que le seuil des 3 millions de demandeurs d'emplois a déjà été atteint en 1993. En réalité on parle de chômage depuis les années 1980. La raison ? Les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979 et donc l'augmentation constante des prix de l'énergie depuis 30 ans et qui se poursuit encore aujourd'hui. Essence, gaz, électricité et depuis quelques années les matières premières, ce sont les taxes sur l'énergie et les matières premières qui plombent les coûts de production et qui font que la France n'est pas compétitive au niveau mondial. La France n'a pas de pétrole et n'a plus de gaz. Seule l'énergie nucléaire permet de limiter l'envolée des coûts de l'énergie en France. Ce n'est pas un hasard si le MEDEF demande au gouvernement de revoir la question de l'exploitation du gaz de schiste. Le but est d'avoir enfin une énergie bon marché permettant de réduire les coûts de production et de rendre de nouveau l'industrie en France réellement compétitive.
On peut d'ailleurs ajouter que cela fait plus de 10 ans que les gouvernements font baisser le coût du travail avec des exonérations de charges (zones franches, réduction Fillon sur les bas salaires, dispositif zéro charge dans les TPE etc...) et que cela n’empêche nullement le chômage d'augmenter.
3) Un manque d'incitation à retravailler :
L'un des grands fantasmes de la droite de nouveau clamé haut et fort : les demandeurs d'emplois sont des fainéants avec des allocations chômages trop élevées qui ne veulent pas retravailler. Affligeant et dramatique alors que le chômage de longue durée est en hausse constante depuis plusieurs années. On ne peut que répéter qu'il est totalement faux de prétendre que les demandeurs d'emploi ne veulent pas retravailler. Que les allocations chômages ont une durée limitée et qu'ensuite ce sont les minimas sociaux (ASS ou RSA) et donc survivre avec 473 euros par mois. C'est simple que tous ceux qui prétendent que l'on peut vivre facilement avec 473 euros par mois le fassent. Que pendant 6 mois ils renoncent à leurs revenus et ne touchent pas à leurs économies et tentent de vivre avec 473 euros par mois. Après cette expérience ils pourront alors dire s'ils renoncent définitivement à leur travail pour continuer ainsi ou si c'est réellement impossible de vivre avec si peu de revenus.
On ajoutera que la prime pour l'emploi et le remplacement du RMI par le RSA sont des dispositifs permettant justement d'encourager financièrement à la reprise d'emploi et que là encore cela n'empêche pas le nombre de demandeurs d'emplois de longue durée de ne cesser d'augmenter.
4) Une inadéquation entre l'offre et la demande :
Encore une idée reçue et un "serpent de mer" dont l'article souligne d'ailleurs que l'ampleur varie selon les hommes politiques qui en parlent. Les offres d'emplois non pourvus. De 250.000 à 500.000 emplois non pourvus, selon cet article, en France. Ce phénomène n'est pas du tout propre à l'hexagone mais surtout il s'agit de bien cerner le problème. En effet quand vous interrogez les offreurs de ces postes non pourvus ils ne vous disent pas qu'ils ne reçoivent pas de candidatures. Au contraire bien souvent ils vous disent qu'ils reçoivent des candidatures mais qu'aucun candidat ne lui convient faute de qualification ou de profil approprié. Dès lors que faut il faire ? Former les demandeurs d'emplois pour ces postes comme le suggère l'article ? D'accord mais avec quel argent. Les employeurs ne voulant pas voir les charges sociales augmenter ou les impôts où trouver l'argent pour ces formations ? Qu'elles garanties va t on donner aux demandeurs d'emplois se risquant dans ce changement professionnel qu'il y aura bien une embauche à l'issue de la formation ? Qu'elles garanties pour la collectivité que les demandeurs d'emplois ainsi formés seront recrutés ? Va t on sanctionner l'employeur qui refuse d'embaucher plus de 3 candidats dument qualifiés et formés ?
L'existence de postes non pourvues n'est pas contestables. Il y en a et il y en aura toujours tout comme il existe un nombre de demandeurs d'emplois incompressibles. Ne serait ce que les offres d'emplois dans les métiers disparus qui réapparaissent parfois (maréchal ferrant par exemple) ou les postes non pourvus dans certaines industries en perte de vitesse il y en aura toujours. Ce n'est nullement une cause du chômage de masse.
5) Une absence de flexibilité :
C'est une logique spécifique aux libéraux dont on a du mal à comprendre le bien fondé. Le principe est le suivant : pour baisser le chômage il faut faciliter les suppressions de postes et les licenciements. Plus une entreprise peut facilement licencier et se restructurer moins il y aura de demandeurs d'emplois. En effet si l'on peut se séparer d'un salarié sans procédure ni motif ni indemnité de licenciement on est incité à embaucher et à embaucher massivement dès que l'activité est meilleure. Principe simple, voir simpliste, qui ne résout en rien le problème du chômage. La libéralisation du marché du travail imposée par l'Europe ne permet pas de résoudre le chômage. Elle permet simplement de faire varier de façon importante le nombre de demandeurs d'emplois en fonction de la conjoncture. Quand la conjoncture est bonne il y a moins de demandeurs d'emplois, dès que la conjoncture est mauvaise le chômage s'envole à des niveaux records. C'est exactement ce qui se passe en Angleterre où le marché du travail est très libre. La flexibilité ne permet pas de résoudre le phénomène structurel du chômage de masse. Elle permet simplement de le rendre en grande partie conjoncturel mais sans apporter de solutions réelles. La flexibilité facilite le "turn-over" des demandeurs d'emplois et peu limiter le phénomène du chômage de longue durée mais en aucun cas elle ne permet de régler le phénomène.
6) Des seniors encore exclus :
Constat partagé avec le gouvernement actuel qui propose la mise en place des contrats de génération pour y remédier. Coups d'épée dans l'eau, mesure aussi inutile que la règle ancienne du doublement de la prime de licenciement en vigueur antérieurement, les seniors sont victimes de licenciements car ils sont considérés comme moins productifs et surtout plus chers que les jeunes diplômés. C'est un fait. En raison de l'ancienneté les seniors ont des salaires plus élevés que ceux qui débutent. Le contrat de génération ne changera pas cette donnée. bien au contraire. En exonérant de charges le salaire du jeune embauché en même temps que celui du sénior le dispositif ne va que mettre en exergue consacrer cette évidence. Elle va surtout mettre en difficultés l'ensemble des salariés entre 25 et 57 ans qui ne bénéficieront pas du dispositif et vont donc devenir la cible privilégiée pour des "départs volontaires" et qui seront confrontés à cette concurrence déloyale pour trouver un nouvel emploi. Le contrat de génération est un instrument d'augmentation massive du chômage de longue durée car rendant beaucoup plus difficile pour un ou une ex.salarié(e) de plus de 25 ans ans de retrouver un emploi. Déjà peu inciter à retrouver du travail car grassement payé par les allocations chômage, le demandeur d'emploi de plus de 25 ans va en plus être victime de la concurrence des jeunes exonérés de charges dans le cadre du contrat de génération.
7) Un suivi défaillant :
Dernier argument cher à nos gouvernants : le suivi insuffisant des demandeurs d'emploi par Pôle Emploi. D'où recrutement de 2.000 conseillers à Pôle Emploi dès janvier 2013, comme l'UMP de Dominique de Villepin l'avez déjà fait il y a quelques années. Pour quel résultat ? Aucun. A partir du moment où un conseiller de Pôle Emploi n'a pas de postes à proposer aux demandeurs d'emplois a quoi cela sert il de le recevoir ? A s'assurer de son moral, à lui offrir un café, à lui faire constater qu'il n'y a rien pour lui et qu'il n'est pas prêt de retrouver un emploi ?
Ce n'est pas par hasard si l'article d'ailleurs ne s'attarde pas trop sur le sujet. Outre le constat ainsi fait de l'échec de la fusion Sarkozy entre ANPE et ASSEDIC, le suivi des demandeurs d'emplois suppose de parler du financement de Pôle Emploi et donc des cotisations patronales et salariales jugées par ailleurs excessives par les employeurs.
En conclusion le seul intérêt de cet article est de permettre de comprendre pourquoi les gouvernements successifs échouent dans la lutte du chômage : ils se trompent dans l'analyse du phénomène et donc dans les solutions à apporter pour y remédier.
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( Par gabdel le 26/09/2012
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