Edito : |
" Pour le MEDEF il faut libéraliser totalement la possibilité de licencier :"
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Le MEDEF vient de transmettre aux syndicats ses propositions en matière de réforme du contrat du travail. Sans surprise la principale proposition du MEDEF consiste à libéraliser totalement les licenciements en substituant à la nécessité d'avoir un motif pour licencier le simple fait de donner un chèque au salarié pour le mettre dehors et ce sans recours possible en justice.
Pour être clair, pour le MEDEF un employeur qui souhaite licencier un salarié : parce qu'il est devenu vieux, parce qu'il a des problèmes de santé, parce qu'il a des problèmes familiaux, parce qu'il est gay ou c'est converti à l'Islam ou au judaïsme ou à la scientologie, parce qu'il refuse une main aux fesses ou une petite gâterie matinale, parce qu'il n'accepte plus de se faire hurler dessus tous les jours, parce qu’il refuse de rester au bureau ou derrière le comptoir après 22 heures, parce qu'il fait comprendre qu'il souhaite que son salaire augmente, parce qu'il ne trouve personne pour garder ses enfants ou tout simplement parce qu'il ne veut plus voir sa « tête », doit pouvoir le faire en toute liberté moyennant la remise d'un simple chèque d'un montant défini à l'avance (par exemple 4 mois de salaire) au salarié. Plus de procédure compliquée, pas besoin de convocation et d'entretien, il prend son chèque et il se « casse » et puis c'est tout.
En terme MEDEF la proposition de libéralisation de la possibilité de licencier se dit :
« - limitation du montant des condamnations prononcées par le juge pour licenciement sans motif réel et sérieux, afin de ne pas mettre en péril l’existence même de petites entreprises qui ne peuvent financièrement supporter le coût prohibitif de certaines condamnations ».
La limitation du montant des condamnations prononcées par le juge prud'homale c'est simple : un licenciement sans cause réelle et sérieuse (donc infondé ou abusif) c'est 4 mois de salaire maximum et pas plus. La mention sur la mise en péril des petites entreprises c'est pour bien préciser que ce plafond ne doit pas être élevé. Donc 4 mois pour un salarié ou un employé et 6 mois pour un cadre.
Le tout financé par le biais du crédit d'impôt accordé par un gouvernement dit socialiste et vous avez en préparation le plus vaste plan social qui est jamais existé, d'une ampleur à peine imaginable.
Bien entendu certains naïfs pensent que c'est trop gros et que les syndicats de salariés ne vont pas accepter cela tout comme l'homologation administrative des licenciements économiques. Désolé pour eux mais il doivent se rappeler que la majorité des organisations syndicales (dont la CFDT, FO, LA CGC et la CFTC) ont validé la rupture conventionnelle du contrat de travail, rupture grâce à laquelle on assiste à un effondrement de l'emploi salarié et une montée en flèche du chômage sans discontinuer depuis plusieurs années.
Avec la réforme du contrat de travail actuellement en cours le MEDEF veut faire sauter les deux derniers verrous à la liberté totale de licencier qui on veut et quand on veut à savoir le refus du salarié et le recours à la justice prud'homale.
Avec le MEDEF, la majorité des syndicats et le parti socialiste les emplois salariés risquent fort de disparaitre bien avant les pandas ou les ours polaires. |
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( Par gabdel le 15/11/2012
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