Edito : |
" Jean Marc Ayrault confirme sa politique libérale :"
|
|
Jean-Marc Ayrault a, ce matin sur RTL, justifié sa position sur le dossier de Florange et notamment sur son refus de nationaliser l'entreprise concernée. Il a ainsi expliqué que s'il avait pris la décision de ne pas nationaliser c'est parce qu'il n'était pas possible de garantir les emplois sur la durée, qu'il était nécessaire de restructurer, donc de licencier et supprimer des emplois. Aussi pas question de payer 1 milliards d'euro pour nationaliser. D'où la validation d'un accord avec Mittal s'engageant à renoncer au plan social annoncé donc à des licenciements économiques.
La contradiction est évidente dans ce discours et l'on peut mieux comprendre la réaction négative des syndicats. En effet Jean-Marc Ayrault reconnait qu'il est nécessaire de restructurer Florange donc de supprimer des emplois et de licencier des salariés tout en faisant confiance à Mittal qui s’engagerait à maintenir les postes ? Ridicule. En réalité il est bien clair que des salariés vont être sacrifiés par le biais de ruptures conventionnelles et de licenciements pour refus de mutation ou de modifications du contrats de travail. Personne n'est dupe et surement pas les syndicats de Florange.
Jean-Marc Ayrault va même plus loin puisqu'il confirme qu'il va faciliter et même financer partiellement ce plan social déguisé.
Le faciliter, d'abord, par la réforme du contrat de travail en cours de négociation actuellement. Le sens de cette réforme est de faciliter la "flexibilité" du marché du travail, autrement dit de permettre à un employeur d'imposer des contraintes supplémentaires aux salariés (en terme de baisse de salaires, d'horaires de travail, de mutations professionnelles) sous peine de licenciement non contestable en justice.
Le financer, ensuite, par le versement du crédit d'impôt compétitivité qui vient d'être adopté par l'Assemblée Nationale. Jean Marc Ayrault a bien confirmé que le groupe d'ArcellorMittal allez bénéficier, comme toute les entreprises de France, du crédit d'impôt compétitivité. Peu importe l'utilisation qui serait faite de ce crédit. Donc l'Etat va bien financer ArcellorMittal pour mener à bien la restructuration dont il reconnait le bien fondé et la nécessité.
Mais il faut aller plus loin pour comprendre le motif pour lequel les syndicalistes affirment que c'est le MEDEF, et non seulement Mittal, qui a gagné.
Allez plus loin c'est bien comprendre que la réforme du contrat de travail et le crédit d'impôt compétitivité ne s'appliquent pas qu'au groupe ArcellorMittal. Bien au contraire ils ont vocation à s'appliquer à la totalité des entreprises présentes en France.
Qu'est ce que cela signifie ? Cela signifie que Jean-Marc Ayrault fait sien le discours du MEDEF selon lequel il est nécessaire de restructurer l'ensemble de l'économie française si le pays veut sortir de la crise. Qu'actuellement le pays n'est ni compétitif ni attractif et que l'on ne peut continuer ainsi sans une restructuration en profondeur de l'économie française. Restructuration, donc suppressions de postes et licenciements massifs, dans le but de rendre les entreprises plus attractives et compétitives. Attractivité et compétitivité permettant ainsi de gagner des parts de marché et, plus tard, embaucher de nouveau pour faire face à cette nouvelle demande. C'est donc bien le discours du MEDEF qui est validé par Jean-Marc Ayrault.
La confirmation de cette stratégie économique est d'ailleurs présente par l'annonce répétée de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault que le chômage ne va cesser d'augmenter en 2013. C'est mathématique. Tout le pari du gouvernement actuel est de valider, et même de faciliter, une restructuration globale de l'économie dans l'espoir qu'elle permette, grâce à la compétitivité retrouvée, de gagner des parts de marché et ainsi de faire repartir la croissance et donc l'emploi.
Stratégie libérale gagnante utilisée dans les économies libérales comme les Etats Unis ou la Grande Bretagne avec un succès réel aux Etats Unis et un succès plus mitigé en Grande Bretagne. Sauf que la France ce n'est ni la Grande Bretagne et les Etats Unis voir même l'Allemagne. En France on a le SMIC, les allocations chômages, le RSA et une politique familiale très complète et généreuse en terme d'allocations. Aussi la vague de restructuration qui va avoir lieu en 2013 va impacter lourdement les budgets sociaux. Cet impact ne sera pas temporaire (comme le pense naïvement le gouvernement) mais va s'affirmer dans la durée. En effet si la stratégie mise en place donne des résultats et que les entreprises se mettent à recruter de nouveau dans un ou deux ans elles ne vont pas recruter les salariés licenciés. Bien au contraire. Elles vont avant tout se tourner vers des jeunes hautement qualifiés et vers la main d’œuvre bon marché déjà présente en Europe (Grèce, Espagne et Portugal voir Italie et les anciens pays de l'Est) pour les faire venir travailler en France à moindre coût. Donc non seulement le chômage de masse généré par la politique économique du gouvernement va durer, mais elle va impacter durablement les budgets sociaux rendant vain tous les efforts fait par ailleurs pour réduire le déficit public.
Avec Florange Jean-Marc Ayrault confirme donc la mise un place d'une politique économique basée sur une restructuration générale de l'économie française. C'est d'ailleurs la seule politique économique possible avec l'euro. C'est donc bien la même politique libérale qui était menée par son prédécesseur et qui s'impose à tous du fait des contraintes liées à l'euro. Les français vont seulement maintenant payer le prix d'avoir dit oui à l'euro et ils vont se rendre compte que l'euro c'est cher, très cher...
|
|
( Par gabdel le 06/12/2012
) |
|
|
|
|
|