La note pour la politique libérale du gouvernement Hollande est tombée et elle est sévère : c'est un zéro pointé. Zéro point de croissance pour 2012. Pire un 4ème trimestre 2012 catastrophique avec - 0,3 % qui sera, n'en doutons pas, corrigé à -0,4 % par la suite.
Cette nullité de la politique menée par le gouvernement est tout sauf une surprise. Le couple Hollande / Ayrault ne fait que poursuivre la politique menée par le couple Sarkozy / Fillon qui échoue depuis plusieurs années. Mais que l'on se rassure, sans correctif, sans inflexion de cette politique néfaste le pire est à venir comme le démontre les très mauvais chiffres pour l'Allemagne en 2012.
Pourquoi ce parallèle avec l'Allemagne ? Tout d'abord parce que l'Allemagne est le premier partenaire économique de la France. Donc si elle ne va pas bien la France vendra moins de produits et de prestations de service en Allemagne. Ensuite, parce que nos brillants dirigeants, tant ceux issus de l'UMP que du PS, ne jurent que par le modèle allemand. L'Allemagne est l'exemple à suivre, notamment en matière de politique économique et sociale. D'où il faut faciliter le recours au chômage partiel, légaliser les accords de compétitivité en institutionnalisant la négociation chantage à l'emploi, il faut baisser l'indemnisation des demandeurs d'emploi, il faut retarder l'âge de départ à la retraite, toutes ses réformes menées en Allemagne pour un résultat qui, au final, est le même que celui de la France. En effet,en même temps que les chiffres pour la France ceux pour l'Allemagne sont aussi tombés et ils sont sans appel : - 0,6 % du PIB au quatrième trimestre 2012 soit + 0,1 % pour l'année 2012. Tout aussi mauvais que les chiffres pour la France.
Cette croissance nulle va avoir des effets assez catastrophiques pour la France qui vont bien au-delà du simple fait de ne pas pouvoir limiter le déficit à 3 % pour l'année 2013. La spirale à récession est en effet amorcée et mécaniquement la dégradation de la situation va se poursuivre pour devenir rapidement intenable en 2013.
Pour comprendre c'est assez simple. On a une croissance nulle en 2012 mais surtout un 4ème trimestre à - 0,3 % marqué par l'absence d'investissements dans les entreprises et une destruction massive de postes salariés dans le privé (28.100 pour le quatrième trimestre 2012 soit 66.800 pour l'ensemble de 2012). La baisse de l'emploi intérimaire au quatrième trimestre 2012 (- 2,7 %), à une époque où, traditionnellement, l'interim est le plus sollicité (fêtes de fin d'année, inventaires puis soldes) montre que cette tendance à la destruction des emplois va se poursuivre et même s’accélérer grâce aux accords de compétitivité qui vont être conclus dans les grands secteurs de l'économie (comme l'industrie automobile, l'industrie agro alimentaire, les banques etc...). Cette suppression de postes dans le secteur privé va être rejointe par une suppression de postes assez forte dans le secteur non marchand, autrement dit les collectivités locales et associations financées par celles-ci, du fait de la réduction de la dotation aux collectivités de 3 milliards d'euros programmée sur deux ans. On a donc une tendance lourde à la destruction des postes salariés dans tous les secteurs programmés pour au moins deux ans soit jusque 2015 au mieux.
Ce mécanisme de suppressions de postes, la pondération des revenus imposées aux salariés par les accords de compétitivité, aux fonctionnaires (d'Etat et territoriaux) au nom de la lutte contre les déficits et aux retraités par des prélèvements nouveaux et un gel des augmentations empêche tout sursaut de la consommation intérieure qui ne pourra, au mieux, que se maintenir au niveau actuel. Donc rien à espérer de ce côté.
Reste donc la perspective, pour espérer renouer avec la croissance, de booster les exportations, que les entreprises basées en France puissent vendre de plus en plus à l'extérieur. Pour atteindre cet objectif cela suppose, selon le MEDEF, le gouvernement et bons nombres de commentateurs économiques et experts, de baisser les coûts du production pour être compétitifs face aux produits fabriqués dans d'autres pays. D'où le crédit d'impôt compétitivité institué par l'Etat en faveur des entreprises, crédit financé par la baisse des dotations aux collectivités évoquées plus haut et une hausse programmée de la TVA pour 2014. Malheureusement le gain de compétitivité ainsi accordé au entreprises va être totalement absorbé par la hausse des cotisations patronales rendue nécessaire pour financer les retraites complémentaires et l'assurance chômage dont le déficit ne va que croitre avec la poursuite de la suppression des postes salariés. On ne tiendra pas compte des prétendus droits au chômage renouvelables contenu dans l'accord sur l'emploi qui ne pourra pas, de toute façon, être financée. Sans gain de compétitivité par d'amélioration majeure à espérer non plus du côté des exportations.
Si on ajoute un budget européen en baisse pour les 7 ans à venir on voit bien que l'on est dans une spirale négative que l'on va, paradoxalement, renforcée par des réformes prétendues indispensables. Le seul exemple à prendre est celui de la réforme des retraites. On va augmenter encore une fois le nombre de trimestres nécessaires pour avoir droit à une retraite à taux plein et instaurer la retraite à points ne permettant à un salarié de prendre sa retraite que si il a le nombre suffisant de trimestres travaillés. Ce faisant ce sont donc des salariés qui vont devoir rester sur le marché du travail plus longtemps (soit en poste avec des aides comme les contrats de génération soit comme demandeur d'emploi) aggravant ainsi le besoin de financement pour les régimes sociaux, notamment l'assurance chômage, et donc rendant inévitable la hausse des cotisations patronales et autres prélèvements sociaux.
Après un zéro pointé ou on se ressaisit et l'on change de comportement, ou l'on coule. A voir ce que va décider François Hollande.
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( Par gabdel le 14/02/2013
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