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Edito :

" Droits des pères ou le dialogue impossible :"

L'action de ce père nantais sur sa grue pour voir son enfant a permis de mettre en lumière le décalage qui existe entre la vision qu'ont nos élus de la vie affective des français et la réalité. Alors que le législateur navigue dans un monde de "bisounours" basé sur une vision idéalisée de la réalité, la majeure partie des français souffrent terriblement sans que cette souffrance ne soit prise en compte.

Pour le législateur depuis 1999 tout va bien dans le meilleur des mondes. Les couples se font et se défont dans une complète harmonie. Ils forment des familles composées ou recomposées où l’harmonie et le bonheur règnent. Comme dans cette publicité pour la Renault Scenic où le père de famille ramène dans sa voiture ses enfants de premier lit mais aussi ceux de sa compagne et leur enfant commun sans oublier le fils du voisin. Le législateur est sur de lui et de son dispositif au point de vouloir introduire un nouvel acteur dans ce schéma : le beau-parent.

Il faut en effet rappeler que l'avant projet de loi sur la famille prévoit de donner un droit de visite et d'hébergement pour celui qui a vécu avec un enfant même s'il n'en est pas le père ou la mère. C'est le ménage à trois rêvé par nos élus : le père et la mère de l'enfant ainsi que l'ancien compagnon ou compagne de l'un des parents qui s'entendent à trois pour organiser la vie de l'enfant. C'est le Jules et Jim du 21ème siècle, la société rêvée, ou plutôt fantasmée, par nos élus.

Face à cette vision idéalisée, "boboisée", de la vie affective des français, la réalité vient de mettre son grain de sable au-travers de l'action désespérée d'un père privé de la possibilité de voir son enfant. Car face au monde des "bisounours" dans lequel navigue nos élus et la sphère des bobos il y a la réalité et cette réalité elle n'est pas belle à voir.

La réalité c'est qu'une séparation ce n'est jamais simple. Que contrairement à ce qui peut être affirmé il n'y a pas d'entente véritable entre les partenaires mais le plus souvent l'un qui part et l'autre qui subit la situation. Quand bien même celui ou celle qui subit la décision fait son deuil de la relation il reste qu'il est très difficile de s'entendre à propos du ou des enfants commun. Comme on ne peut pas couper l'enfant en deux il y a inévitablement un conflit qui se noue. Chez qui l'enfant va t il résider habituellement ? Sachant que la résidence alternée est difficile à mettre en œuvre et à maintenir compte tenu des contraintes professionnelles imposant de plus en plus des mutations géographiques comment faire pour organiser la vie de l'enfant ? Comment faire quand les parents ne veulent pas s'entendre ? C'est alors vers la justice que l'on se tourne.

Là encore, pour ceux qui connaissent la réalité de la justice familiale, on voit que nos élus sont à des années lumières de la réalité. A des années lumières car la justice familiale c'est quoi aujourd'hui ? C'est une femme qui doit décider, seule, de l'organisation de la vie d'un enfant de parents qui se séparent face, le plus souvent, à des avocats qui attisent le conflit pour justifier leurs honoraires. C'est donc un système ne pouvant donner satisfaction parce que conflictuel et non neutre.

La saisine du juge aux affaires familiales relève du contentieux même en ce qui concerne les droits de visite et d'hébergement. C'est donc une procédure judiciaire qui oppose deux personnes, comme un créancier et son débiteur, avec chacune leur avocat pour se défendre. C'est donc tout sauf une voie de pacification et de mise en place de la nécessaire entente entre les parents. C'est même exactement l'inverse. La justice n'est donc pas la meilleure façon de gérer les relations entre les parents séparés il faut donc, comme le clame haut et fort Christiane Taubira et Dominique Bertinoti, développer le recours à la médiation familiale, solution miracle pour elles face à ces questions.

D'un mot la médiation familiale cela consiste en quoi ? Cela consiste dans le fait de confier à un professionnel formé pour cela le soin d'entendre et de faire dialoguer les parents d'enfants séparés aux fins qu'ils puissent eux même finir par trouver des solutions pour organiser la vie de l'enfant. Solution miracle pour les "bisounours" qui nous gouvernent, fausse solution pour les associations de défense des droits des pères et véritable "tarte à la crème" dans les faits.

Dans les faits la médiation familiale ne peut marcher parce qu'il n'y a, tout simplement, pas de financement pour cette profession et qu'elle fait l'objet d'une véritable OPA de la part des avocats qui craignent pour leurs honoraires.

En effet pour que la médiation familiale soit effective et efficace il faut des médiateurs professionnels et formés et il faut donc les payer. Problème, si saisir le juge aux affaires familiales c'est gratuit, passer par une médiation familiale c'est payant. A part quelques bobos particulièrement fortunés il est impossible de payer et un avocat et une médiation. Donc le recours à la médiation n'a lieu, aujourd'hui, que dans 5 % des cas. Alors on se tourne vers l'aide judiciaire, l'aide juridictionnelle, autrement dit un financement partiel ou total des médiations familiales par l'Etat au-travers du dispositif de l'aide juridictionnelle. Malheureusement c'est impossible. En dehors des récentes restrictions budgétaires (car cela fait près de 15 ans que l'on tente de développer la médiation) l'aide juridictionnelle est la chasse gardée des avocats. Eux seuls ont droit à cette manne d'argent public qu'ils estiment déjà insuffisant pour eux. Donc quelques avocats suivent des formations de médiateurs et mettent en œuvre ainsi une médiation qui n'a rien de réellement professionnelle donc réellement efficace. Compte tenu de ce blocage des avocats et des contraintes budgétaires rien de possible dans cette direction. Pas plus du côté des associations agissant dans le cadre de l'aide à l'enfance.

L'aide à l'enfance est de la compétence financière pour l'essentiel dus Conseils Généraux. Dépense obligatoire elle est mise en œuvre par des associations recevant tous les ans des financements importants pour mettre en œuvre les actions en faveur des enfants en danger ou en difficulté (comme la Sauvegarde par exemple présente dans plusieurs départements). Ces associations ce sont constituées des fonds propres à partir de l'argent public ainsi reçu avec lequel elles achètent des immeubles où attribuent des avantages à leur personnel de direction ( comme des véhicules de fonction ou des tablettes et autres avantages en nature). Certaines de ces associations ce sont d'ailleurs constitué un parc immobilier dont l'importance et la valeur laisse sceptique pour des associations sans but lucratifs. De même tous avantages compris certains cadres touchent plus que certains ministres. Aussi il pourrait paraitre logique de demander à ces associations de financer des services de médiation familiale avec leur fonds propres issus d'argent public plutôt que de faire des achats immobiliers ou d'accorder des avantages en nature à leurs cadres. Mais les associations opposent un refus catégorique à cette éventualité affirmant que les fonds propres, même provenant d'argent public, sont à eux et en ont la libre disposition. Donc aucun espoir de ce côté là non plus.

Voilà, la réalité vient de rattraper les "bisounours" qui nous gouverne. Le monde du mariage pour tous et de la famille recomposée vivant en harmonie n'existe que dans leurs rêves et dans leurs fantasmes. Maintenant qu'une loi sur la famille est annoncée pour la fin de l'année avec l'introduction du beau-parent dans l'équation le gouvernement ne peut plus se cacher. Il va devoir prendre des décisions. Si la décision, telle qu'annoncée par Christiane Taubira et Dominique Bertinoti, consiste dans le développement d'une véritable médiation familiale il faudra bien dire qui va payer pour cette médiation : les avocats au-travers de la perte de clientèle et du partage du gâteau de l'aide juridictionnelle ou les associations agissant dans le domaine de l'aide à l'enfance avec leur fonds propres ou les deux ?

Dans l'attente des décisions.



 

 

( Par gabdel le 19/02/2013 )

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